Écologie des interactions
Définition
Sous-discipline écologique dédiée à l'étude systématique des interactions interspécifiques (antagonismes, mutualismes, compétition, facilitation, parasitisme, commensalisme) et de leur rôle structurant pour la biodiversité et le fonctionnement écosystémique, généralement organisée en deux questions-clé : (i) qui interagit avec qui (règles d'appariement) et (ii) quelles conséquences fonctionnelles en découlent (stabilité, persistance, architecture des réseaux) (Bartomeus et al., 2016; Leung & Poulin, 2008). Les prédictions modernes combinent une approche neutres (probabilité d'interaction par co-occurrence) et une approche par traits (mésappariement morphologique, phénologique, physiologique), chaque type d'interaction (prédateur-proie, herbivore-plante, plante-pollinisateur) étant caractérisé par une force d'appariement particulière (forte, relâchée, absolue) (Bartomeus et al., 2016). Ces interactions non trophiques (modification d'habitat, interférence de prédation, facilitation) peuvent être intégrées dans les modèles classiques de réseaux trophiques en termes d'effets sur des paramètres spécifiques (densités, taux d'attaque, efficacités), constituant un cadre conceptuel pour dépasser la vision purement alimentaire de l'écologie des réseaux (Kéfi et al., 2012; Koffel et al., 2021). La théorie consommateur-ressource montre que les issues (+/+, +/–, –/–, +/0, –/0, 0/0) ne sont pas absolues mais varient selon le contexte biotique et abiotique, autorisant plusieurs équilibres (coexistence versus extinction) au sein d'un même système (Holland & DeAngelis, 2009; Leung & Poulin, 2008).