sol résident
Définition
Le sol résident désigne la communauté d'organismes déjà en place dans un sol au moment où un nouvel arrivant — pathogène, inoculum, propagule — tente de s'y établir. Concept mis en avant par Fukami (2015) à travers la métaphore théâtrale de la distribution des rôles : le sol résident pré-filtre quels nouveaux venus pourront tenir un rôle dans l'écosystème, et lesquels seront rejetés. Le résident n'est ni allochtone (apporté extérieurement) ni capturé (indigène amplifié) — il est l'acteur écologique déjà en fonction, qui détient la scène. Cette fonction de filtre biotique opère par plusieurs mécanismes : préemption des niches disponibles, antagonisme direct (antibiose, mycoparasitisme, prédation), contrôle des ressources, mais aussi effets de priorité qui verrouillent la trajectoire d'assemblage. La portée doctrinale est forte en agronomie : le concept invalide l'idée qu'un inoculum standardisé « marche » indépendamment du contexte — c'est le sol résident qui décide in fine du sort de l'inoculum. La conséquence opératoire est l'attention portée à la préparation du sol (couverts, amendements organiques, gestion du pH, calibration redox) avant tout apport microbien. Concept adjacent au microbiome autochtone mais distinct : le résident est défini dynamiquement, par sa position d'antériorité dans une séquence d'assemblage, plutôt que par une origine biogéographique.