RNAi exogène HIGS et SIGS : silencing génique ciblé pour le biocontrôle de précision
Le silencing génique par ARN interférent (RNAi) exploite la machinerie conservée (Argonaute, Dicer, RISC) pour réduire spécifiquement l'expression d'un gène cible via des ARN double-brin (dsRNA). Deux stratégies agricoles :
- HIGS (Host-Induced Gene Silencing) — la plante est génétiquement modifiée pour exprimer un dsRNA ciblant un gène essentiel du bioagresseur ; en colonisant la plante, celui-ci absorbe le dsRNA, silence son gène et meurt. Cas : tomate vs Fusarium oxysporum, maïs vs Diabrotica, blé vs Puccinia, banane vs Fusarium TR4. Limite : statut OGM, opposition en Europe.
- SIGS (Spray-Induced Gene Silencing) — pulvérisation directe de dsRNA (synthétiques ou produits par bactéries), sans modification de la plante ; le bioagresseur l'absorbe. Cas : Botrytis cinerea (silencing CYP51), Phytophthora infestans, charançons de stockage.
Atouts du SIGS : pas d'OGM (statut plus simple), ciblage spécifique d'espèce, réversibilité (le silencing s'estompe en quelques semaines). Limites : coût du dsRNA (en baisse via production fermentaire), stabilité au champ (UV), applications répétées, résistance documentée (mutation du gène cible, défauts d'absorption du dsRNA) — ce qui relativise l'idée d'une « absence de pression de sélection ».
Production de dsRNA : synthèse chimique (chère), fermentation bactérienne (E. coli HT115), in planta (HIGS), cell-free (émergent). Formulations : nanoparticules silice/chitosan, encapsulation anti-UV.
Le SIGS relève du pilier « interférence ciblée » de la lutte intégrée bio-mimétique (cadrage doctrinal : exploiter le mécanisme RNAi naturel). Horizon d'adoption 2030-2040 selon coûts, acceptation et réglementation ; ouverture vers un premier traitement antiviral véritable des plantes.
Cards en dialogue (4)
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