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Le Sol Vivant

RNAi exogène HIGS et SIGS : silencing génique ciblé pour le biocontrôle de précision

Card #151 Pratique Pratique Docs : V2, V3, P3

Le silencing génique par ARN interférent (RNAi) exploite la machinerie conservée (Argonaute, Dicer, RISC) pour réduire spécifiquement l'expression d'un gène cible via des ARN double-brin (dsRNA). Deux stratégies agricoles :

  • HIGS (Host-Induced Gene Silencing) — la plante est génétiquement modifiée pour exprimer un dsRNA ciblant un gène essentiel du bioagresseur ; en colonisant la plante, celui-ci absorbe le dsRNA, silence son gène et meurt. Cas : tomate vs Fusarium oxysporum, maïs vs Diabrotica, blé vs Puccinia, banane vs Fusarium TR4. Limite : statut OGM, opposition en Europe.
  • SIGS (Spray-Induced Gene Silencing) — pulvérisation directe de dsRNA (synthétiques ou produits par bactéries), sans modification de la plante ; le bioagresseur l'absorbe. Cas : Botrytis cinerea (silencing CYP51), Phytophthora infestans, charançons de stockage.

Atouts du SIGS : pas d'OGM (statut plus simple), ciblage spécifique d'espèce, réversibilité (le silencing s'estompe en quelques semaines). Limites : coût du dsRNA (en baisse via production fermentaire), stabilité au champ (UV), applications répétées, résistance documentée (mutation du gène cible, défauts d'absorption du dsRNA) — ce qui relativise l'idée d'une « absence de pression de sélection ».

Production de dsRNA : synthèse chimique (chère), fermentation bactérienne (E. coli HT115), in planta (HIGS), cell-free (émergent). Formulations : nanoparticules silice/chitosan, encapsulation anti-UV.

Le SIGS relève du pilier « interférence ciblée » de la lutte intégrée bio-mimétique (cadrage doctrinal : exploiter le mécanisme RNAi naturel). Horizon d'adoption 2030-2040 selon coûts, acceptation et réglementation ; ouverture vers un premier traitement antiviral véritable des plantes.

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