Porosité
La porosité d’un sol représente la fraction volumique occupée par les vides, exprimée en pourcentage (Djabelkhir, 2015; Wallace, 1963). On distingue la microporosité, qui retient l’eau capillaire et protège la matière organique, de la macroporosité, qui assure le drainage rapide, l’aération et la pénétration racinaire. Au-delà du volume total, la connectivité et la tortuosité des pores gouvernent les transferts d’eau, de gaz et les gradients d’oxydoréduction. Cette architecture n’est pas une propriété inerte : elle résulte de l’activité des racines (biopores), des vers de terre (galeries) et des hyphes fongiques qui stabilisent les agrégats, créant une porosité secondaire où la nécromasse microbienne se lie aux minéraux (voie MAOM). La texture (argile, limon, sable) fixe le cadre granulaire, mais c’est la structure — l’assemblage en agrégats — qui détermine la porosité fonctionnelle. Un profil sableux montre une macroporosité excessive et une microporosité trop faible pour retenir l’eau et la matière organique. Un profil argileux développe une microporosité intense mais, sans structuration biologique, il peut se compacter et basculer en anaérobiose. Les limons battants subissent le colmatage des pores superficiels sous l’impact des pluies, tandis que le calcium des sols calcaires stabilise les agrégats et maintient une macroporosité durable. Ainsi, la porosité conditionne le régime redox du sol et sa capacité à héberger un holobionte fonctionnel, faisant de chaque pore un microsite d’interactions entre le minéral et le vivant.
Cards en dialogue (4)
- Voir aussi (4)
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- Profil sol sableux : plafond MAOM bas, marge structurale maximale, métastabilité biologique
- Lombriciens : catégories écologiques, drilosphère, turricules, biopores et interactions racines
- Compaction / semelle / faible porosité
- Conductivité hydraulique / loi de Darcy : la vitesse de l'eau, attribut biologique du sol