Mycorhize éricoïde
La mycorhize éricoïde est une symbiose spécifique aux Éricacées (callune, myrtille, rhododendron, bruyères) qui domine les sols acides, podzoliques et les landes tempérées-boréales. Les champignons impliqués (ascomètes Helotiales : Rhizoscyphus ericae, Oidiodendron maius) détiennent un arsenal enzymatique unique : ils complexent l'Al³⁺ toxique des podzols et mobilisent l'azote et le phosphore organiques inaccessibles aux autres plantes.
À l'échelle biogéochimique, les éricoïdes fonctionnent comme des verrous du couplage C-N-P des landes à callune et des tourbières ombrotrophes (Shao et al., 2022) : supprimer le champignon rompt le lien entre la plante et le stock organique du sol, menaçant le puits de carbone (Finlay et al., 2020 ; Wang et al., 2024). Dans les podzols forestiers, elles s'organisent en strates verticales : horizons E (cendreux) pour les ECM spécifiques, horizon illuvial B pour les éricoïdes et saprotrophes dédiés (Rosling et al., 2003).
Spécialistes de l'extrême acidité, les éricoïdes illustrent la voie de la co-adaptation plante-champignon plutôt que celle du chaulage correctif — une doctrine pertinente pour tout projet d'implantation pérenne sur sol acide.