Toxicité ferreuse en sols hydromorphes : stress oxydatif, mobilité Cd/As et stratégies AWD
En sols acides engorgés (riziculture, zones humides cultivées, polders), la dissolution réductrice des oxyhydroxydes de Fe(III) libère du Fe²⁺ au-delà des seuils de tolérance des plantes. Le stress oxydatif qui en résulte se traduit par une hausse du malondialdéhyde foliaire, des dommages macromoléculaires et l'accumulation conjointe de toxines (Fe²⁺, Mn²⁺, NH₄⁺) dans les couches réductrices ; l'engorgement modifie l'architecture racinaire et limite la respiration.
Le cycle redox du fer gouverne aussi la mobilité contrastée des métaux lourds : le cadmium est immobilisé en anoxie sulfato-réductrice (précipitation de sulfures, favorisée par la remontée du pH vers la neutralité) puis remobilisé au drainage (oxydation des sulfures, baisse de pH) — comportement modulé par pH/redox/MO, tandis que l'arsenic est mobilisé en phase de réduction (dissolution des sorbants ferriques) et bioaccumule dans le riz.
Trois leviers de gestion :
- AWD (Alternate Wetting and Drying) — irrigation intermittente qui oxyde le Fe²⁺ entre cycles et stabilise les rendements, même chez les génotypes sensibles ;
- chaulage — relève le pH, abaisse la solubilité du fer, apporte Ca²⁺/Mg²⁺ atténuants ;
- sélection variétale — variétés maintenant l'homéostasie du fer (exclusion racinaire ou tolérance interne).
Le pilotage AWD doit arbitrer entre toxicité Fe (favorisée par l'inondation continue) et risque Cd (favorisé par le drainage).
Cards en dialogue (5)
- Voir aussi (4)
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- Redox central : gradients, microzones et 'redox ladder'
- Couplages biogéochimiques Fe-P-S-N sous alternance redox : vivianite, NDFO et gouvernance des nutriments
- Bactéries ferro-réductrices : Geobacter, Shewanella et la respiration dissimilatoire du fer
- Filtre mycorhizien ETM : exclusion métaux lourds et sécurité alimentaire