EROI : retour énergétique des systèmes agricoles (énergie utile / énergie investie)
L'EROI (Energy Return On Investment) est le ratio entre l'énergie utile produite par un système et l'énergie investie pour la produire — une métrique de comparaison énergétique des systèmes agricoles, complémentaire des bilans monétaires et carbone.
Principe : un système n'est soutenable que si son EROI dépasse nettement 1 ; plus il est élevé, plus le système est autonome énergétiquement. L'agriculture industrielle, très dépendante des intrants fossiles (engrais de synthèse via Haber-Bosch, carburant, mécanisation), affiche souvent un EROI faible une fois l'énergie externe comptabilisée — parfois proche de 1 en énergie alimentaire nette (fortement variable selon le périmètre : < 1 pour certains systèmes maïs conventionnels chez Pimentel, 1,5-3 dans d'autres études).
Intérêt : l'EROI rend visible le coût énergétique réel masqué par la seule comptabilité monétaire (énergie fossile sous-évaluée, subventions), et permet de comparer sans biais conventionnel vs agroécologie / ACS / maraîchage sol vivant.
Limites : le périmètre comptable (frontières du système, énergie du travail humain, qualité de l'énergie — l'exergie) change fortement le résultat ; un EROI doit toujours préciser ses bornes.
Le « piège énergétique » (Tello 2023 ; Hall 2013) : les systèmes préindustriels étaient des sources nettes d'énergie ; les systèmes intensifs sont devenus des puits. Le déclin de l'EROI externe vient de la désintégration de l'agroécosystème (séparation élevage/cultures) et de la dépendance aux intrants fossiles compensant la perte de circularité interne ; l'illusion de productivité masque une efficacité énergétique en berne (Gingrich 2017).
Cards en dialogue (8)
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- Coût réel de l'énergie fossile et 'esclaves énergétiques'
- Socio-économique : travail, filières, risques et dépendances
- Autonomie et low-tech : réduire la dépendance aux intrants et technologies externes
- Fragilité systémique fossile : la dépendance aux intrants de synthèse comme point de rupture
- Révolution verte : Haber-Bosch, blé nain et modernisation agricole