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Le Sol Vivant

Agroforesterie

Card #222 Pratique Pratique Docs : P4

L’agroforesterie désigne un mode de gestion intégré des terres associant délibérément des arbres ou arbustes au sein des cultures ou des systèmes pastoraux (Lima et al., 2018 [sans source confirmée]). Cette pratique exploite la complémentarité écologique entre les composantes ligneuses et herbacées pour assurer des fonctions de production, de protection du sol et d’amélioration de la fertilité. En profondeur, le système racinaire des arbres intercepte les nutriments lessivés et les remobilise par la litière aérienne et la rhizodéposition, alimentant ainsi le compartiment microbien. La matière organique issue de cette biomasse ligneuse est en partie stabilisée sous forme de matière organique associée aux minéraux (MAOM), contribuant au stockage durable du carbone. Les exsudats racinaires et les résidus foliaires stimulent l’activité des micro-organismes du sol, pilotant les cycles de l’azote, du phosphore et du soufre via des réactions d’oxydo-réduction (redox) qui dépendent de l’aération locale. L’agroforesterie améliore ainsi la structure du sol, la rétention en eau et la résilience face aux stress hydriques. Cette approche s’inscrit naturellement dans les principes de l’agriculture de conservation (couverture permanente, non-labour, diversification) et se combine souvent avec des amendements organiques compostés ou fermentés, dont l’efficacité dépend du mode d’application en surface ou incorporé. Un diagnostic terrain intégré, couplant profil cultural et indicateurs biologiques, permet de suivre l’évolution de la qualité du sol sous agroforesterie. En favorisant une antifragilité du système sol-plante-microbiome, l’agroforesterie dépasse la simple addition de production ; elle orchestre un continuum fonctionnel entre les strates végétales et la vie souterraine.

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