Une voie de séquestration du carbone méconnue et quasi-permanente : certains arbres « oxalogènes » excrètent de l'oxalate de calcium que des bactéries transforment en calcaire pédogène, stable 100 000 à 1 million d'années — bien au-delà du carbone organique (siècle à millénaire). Un Iroko mature peut immobiliser jusqu'à 29 t de carbone ; vérifiable par les isotopes (Δ47) et potentiellement monétisable en crédit carbone (méthodologie MRV/CDR encore émergente pour cette voie).
Les maillons de la chaîne
6 étapes, du levier agronomique à l'effet santé.
P4arbre oxalogèneArbres oxalogènes (Iroko Milicia excelsa, Brosimum alicastrum, Terminalia, certains Ficus, certains Eucalyptus) excrètent oxalate de calcium dans rhizosphère et tissus. Concentrations foliaires Brosimum jusqu'à 45 g/kg matière sèche.
S3oxalotrophesBactéries oxalotrophes (Cupriavidus, Oxalobacter, Oxalobacteraceae, Streptomyces, Bacillus) et champignons saprotrophes métabolisent l'oxalate via gènes oxc/oxdC/frc (oxalyl-CoA decarboxylase, formyl-CoA transferase). Consommation de protons → alcalinisation locale rhizosphérique pH 5,1 → 7-9.
S1carbonate de calcium pédogènePrécipitation de carbonate de calcium pédogène (calcite secondaire) à pH alcalinisé. Flux mensuel observé jusqu'à 0,08 kg CaCO₃/m² (Haque 2020). Stabilise localement le complexe argilo-humique et amorce la formation de calcrètes en zones karstiques.
S4séquestration carbone inorganiqueStockage minéral inorganique pérenne. Sous arbre oxalogène mature : 10-100 kg CaCO₃/m² profil. Permanence 10⁵-10⁶ ans (vs MAOM organique siècle-millénaire). Iroko mature : jusqu'à 29 t C/arbre soit 107 t CO₂ capté. Agroforesterie tropicale conçue : 0,29-15,21 Mg C/ha/an séquestré inorganique.
S4Δ47 (clumped isotopes)MRV (Measurement-Reporting-Verification) du C inorganique pédogène : Δ47 valide l'origine pédogène du CaCO₃ (vs détritique), prérequis pour monétiser la séquestration VOC en crédits carbone vérifiables.
F2crédit carboneCrédit carbone à comptabilité minérale longue, additionnalité forte