MHB : les bactéries auxiliaires de la mycorhization
Les Mycorrhizal Helper Bacteria (MHB), ou bactéries auxiliaires de la mycorhization, sont des bactéries rhizosphériennes qui facilitent la colonisation mycorhizienne des racines. Décrites par Garbaye (1994), elles représentent un groupe fonctionnel écologique clé du continuum sol-plante.
Le mécanisme d'action des MHB est pluriel :
- Stimulation de la germination des spores fongiques (ex. via des flavonoïdes bactériens ou des strigolactones).
- Reconnaissance et adhésion : les MHB produisent des signaux moléculaires (polysaccharides, lipo-chitooligosaccharides de type facteurs Nod — produits surtout par les rhizobia) qui facilitent la reconnaissance entre l'hyphe fongique et la racine.
- Modification de la rhizosphère : acidification locale (libération de protons), chélation du fer (sidérophores), solubilisation du phosphore — créant un micro-environnement favorable au fungus.
- Protection contre les antagonistes : les MHB produisent des antibiotiques qui éliminent les compétiteurs fongiques.
Les MHB les plus étudiées appartiennent aux genres Pseudomonas, Bacillus, Streptomyces, et Paenibacillus. Elles ouvrent la voie à la co-inoculation (fungus + bactérie), qui surpasse souvent l'inoculation fongique seule (effet souche- et contexte-dépendant). Le défi est la formulation : les MHB sont souvent souche-spécifiques (une bactérie donnée ne fonctionne qu'avec une souche fongique donnée), ce qui limite les approches génériques.
En pratique, les MHB sont un argument fort pour l'ACS et les couverts végétaux : un sol vivant et diversifié entretient naturellement ses MHB, évitant le recours à l'inoculation commerciale. Le concept MHB illustre la nature trinitaire de la symbiose mycorhizienne : ce n'est pas une relation plante-fungus, mais plante-fungus-bactérie.