Ozone troposphérique × microbiome du sol : un stress qui descend dans la rhizosphère
L'ozone troposphérique n'agresse pas seulement la feuille : il atteint le compartiment vivant du sol. Les travaux récents (2021-2024) montrent que l'O3 élevé modifie les communautés microbiennes rhizosphériques de façon reproductible et phylogénétiquement conservée — les mêmes lignées bactériennes répondent dans le même sens chez le blé, le soja, le riz et le peuplier (Yu et al. 2023). À long terme, la pollution ozonée disloque les interactions plante-microbe-sol : diversité fongique réduite, réseaux bactéries-champignons fragmentés, qualité du sol dégradée chez le soja (Zhang et al. 2024). Les effets sont compartiment-spécifiques : phyllosphère, rhizosphère et endorhize ne répondent pas de la même façon (Tao et al. 2022), et le pH du sol pilote la réponse rhizosphérique (Li et al. 2021).
Le couplage avec la sécheresse passe par les stomates : le déficit hydrique réduit la conductance et limite l'entrée d'O3 (protection transitoire), mais l'O3 perturbe la fermeture stomatique protectrice — la plante ozonée perd une partie de son étanchéité à la sécheresse (Gao et al. 2024, interaction via le VPD).
Angle mort assumé : aucun mécanisme microbien de tolérance à l'O3 n'est établi (ni ACC désaminase, ni priming, ni antioxydants microbiens documentés). Seules des preuves indirectes existent : les PGPR compensent partiellement la perte de rendement sous O3 élevé chez le pois chiche (+18-19 %, Nedumaran et al. 2024), et l'antiozonant chimique EDU modifie le microbiome du cycle de l'azote en rizière (Wang et al. 2023). Piste de veille : l'holobionte comme médiateur de tolérance à l'ozone reste à démontrer — revoir dans 12-18 mois.