Relais pédogenétiques : de la roche nue au sol profond
La pédogenèse est une œuvre collective et séquentielle du vivant, déployée sur le temps géologique. Premier étage : les croûtes biologiques et les lichens — bioaltération chimique (acides, oxalates, chélation) et mécanique (rhizines, cycles hydriques), piégeage de particules, fixation de C et N (f#343, Elbert 2012 ; Jackson & Keller 1970 ; Zambell 2012). Deuxième étage : les champignons foreurs et la minéralosphère étendent l'altération à l'ensemble du profil (f#30, Jongmans 1997), pendant que les racines profondes injectent du carbone frais — capable de réveiller par priming des stocks millénaires (Fontaine 2007 ; Shahzad 2018, f#82). Troisième étage : la faune ingénieure brasse et fabrique l'épaisseur (biomantle). Nuance doctrinale : le bilan net n'est pas « plus de vie = plus d'altération » — la bioprotection (Chen 2000) rappelle que le vivant organise l'interface roche-vie autant qu'il l'attaque. Implication régénérative : on ne fabrique pas du sol profond en une décennie, on cesse de détruire ce qui le fabrique (couverture vivante, non-perturbation, enracinement) — et l'ERW (C28) en est le bras actionnable.