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Le Sol Vivant

Azolla : de la rizière à l'amendement azoté du sol

Chaîne C48

Documents traversés : S4 · P2

La symbiose Azolla-Anabaena fixe l'azote atmosphérique dans les rizières et mares d'Asie depuis des siècles ; récoltée et épandue, la biomasse transfère cet azote biologique au sol des cultures sèches (73 % de disponibilité N en incubation, Jama et al. 2023), substituant l'urée de synthèse — chaîne qui boucle fixation aquatique → fertilisation terrestre.

Les maillons de la chaîne

6 étapes, du levier agronomique à l'effet santé.

  1. F1 azolla La fougère aquatique *Azolla* flotte à la surface des rizières et des mares d'Asie : sa croissance exponentielle en fait une biomasse abondante, doublable en quelques jours sous climat chaud.
  2. V2 Anabaena azollae Dans ses cavités foliaires dorsales vit la cyanobactérie diazotrophe *Anabaena azollae* : la plante fournit carbonates et protection, la bactérie fournit l'azote fixé — symbiose obligatoire maintenue depuis des dizaines de millions d'années.
  3. V2 Fixation de l’azote La nitrogénase, protégée de l'oxygène dans les hétérocystes spécialisés, réduit l'azote atmosphérique en ammonium assimilable — de l'ordre de 30 à 100 kg N/ha/an selon les conditions de culture.
  4. P2 engrais verts Récoltée puis épandue sur les cultures ou laissée en décomposition dans l'eau, la biomasse d'Azolla fonctionne comme engrais vert : l'azote biologique se substitue à l'urée de synthèse, usage séculaire des rizicultures chinoises et vietnamiennes.
  5. S amendement organique La fronde, au ratio C/N bas, se décompose rapidement : l'apport agit aussi comme amendement organique, nourrissant faune et biomasse microbienne du sol au-delà du seul apport azoté.
  6. S minéralisation de la matière organique La minéralisation progressive de cette nécromasse libère l'azote au rythme de la demande culturale — une fertilité mémoisée, pilotée par le vivant plutôt que par le sac d'engrais.

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