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Le Sol Vivant

Santé du sol

Card #224 Pratique Cadre Docs : S0

La santé du sol se définit comme la capacité d’un sol à fonctionner en tant qu’écosystème vivant (Shahane & Shivay, 2021), soutenant la productivité végétale et animale tout en assurant des services écosystémiques tels que la régulation des cycles de l’eau et des nutriments ou le stockage du carbone. Cette vision holistique dépasse la seule fertilité chimique pour intégrer les propriétés physiques, chimiques et biologiques en interaction. Le microbiome (bactéries, champignons, archées, protistes) est le chef d’orchestre des grands cycles biogéochimiques et de la structuration du sol, via les exsudats et la nécromasse microbienne qui alimentent la stabilisation organo-minérale. Le continuum sol-plante-microbiome se manifeste par des échanges rhizosphériques intenses : les plantes nourrissent les microbes par leurs rhizodépôts, et ces derniers restituent des nutriments minéralisés.

Sur le terrain, la santé du sol s’évalue par un diagnostic intégré combinant l’observation du profil cultural (couleur, porosité, enracinement) et des indicateurs biologiques : abondance des acariens, collemboles, vers de terre, respiration microbienne ou activité enzymatique. Ces indicateurs réagissent rapidement aux pratiques culturales. L’agriculture de conservation des sols (non-labour, couverture permanente, rotations diversifiées) protège l’habitat des organismes et restaure les fonctions écologiques. Le mode d’application des amendements organiques, en surface plutôt qu’incorporé par labour, préserve la faune épigée et l’activité biologique superficielle. Des amendements organiques issus de compostage aérobie ou des biostimulants indigènes, en stimulant les fonctions redox, renforcent le microbiome. Gérer la santé du sol consiste ainsi à entretenir un réseau trophique dynamique, garant d’un agrosystème résilient.

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