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Le Sol Vivant

Résilience

Card #203 Cadre — Évolutif Cadre Docs : P2

La résilience désigne la capacité d’un système sol-plante-microbiome à maintenir ses fonctions essentielles (fertilité, rétention d’eau, séquestration du carbone) face à des perturbations, qu’elles soient climatiques, anthropiques ou pathogènes. Elle ne se réduit pas à un retour à l’état initial, mais englobe l’aptitude à absorber le choc, à se réorganiser en préservant sa structure et son identité fonctionnelle, voire à évoluer vers un nouvel état stable (Holling, 1973 ; Gunderson & Holling, 2002). Dans les agrosystèmes, cette résilience émerge de la diversité microbienne et de la redondance fonctionnelle, qui garantissent le maintien des cycles biogéochimiques même après une perturbation. Les stratégies écologiques Y-A-S (rendement, acquisition, stress) y jouent un rôle clé : une communauté dominée par des micro-organismes stress-tolérants (S) assure une meilleure stabilité temporelle, tandis que les phases de recolonisation après perturbation mobilisent des stratégies d'acquisition (A — copiotrophes, analogues microbiennes des rudérales R de Grime). L’évolution du sol depuis l’état nu jusqu’au climax illustre comment la résilience se construit avec le temps long : l’établissement de réseaux trophiques complexes, les associations mycorhiziennes et la formation de matière organique associée aux minéraux (MAOM) renforcent la capacité à tamponner les chocs. Le cadre redox est également déterminant : un sol bien structuré maintient des gradients d’oxygénation qui favorisent une diversité de niches et une flexibilité métabolique. À l’inverse, des pratiques intensives (labour, intrants de synthèse) réduisent cette résilience en simplifiant les communautés et en consommant le capital organique du sol. Ainsi, la résilience s’inscrit dans une temporalité irréversible : restaurer un sol dégradé exige des décennies, car la succession écologique ne se commande pas.

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