Aller au contenu
Le Sol Vivant

Suppressivité

Card #216 Continuum Mécanisme Docs : S2

La suppressivité désigne la capacité naturelle d’un sol à inhiber l’établissement, la persistance ou l’activité d’un organisme nuisible, même en présence d’une plante hôte sensible et de conditions climatiques favorables (Lemanceau et al., 2017 ; Romillac, 2015). Ce phénomène repose sur la communauté microbienne du sol, dont la diversité fonctionnelle et les interactions créent un effet barrière contre les pathogènes. On distingue une suppressivité générale, liée à l’activité microbienne totale, et une suppressivité spécifique, due à l’action d’antagonistes sélectionnés. Les mécanismes incluent la compétition pour les nutriments et le fer, l’antibiose, le parasitisme et l’induction de résistance systémique chez la plante. Dans le continuum sol-plante-microbiome, la suppressivité émerge des rétroactions entre les exsudats racinaires, le microbiote rhizosphérique et les propriétés du sol. Les lombriciens, par leur activité de bioturbation et la création de la drilosphère, enrichissent la matière organique et stimulent les communautés microbiennes suppressives. La mésofaune (collemboles, acariens) régule les populations microbiennes par prédation, stabilisant l’holobionte. Les champignons entomopathogènes endophytes illustrent une protection croisée qui conjugue action insecticide et renforcement des défenses végétales. Toutefois, les mécanismes d’antibiose mobilisent parfois des gènes de résistance, soulignant l’intrication entre suppressivité, résistome et transfert horizontal, et inscrivant cette propriété dans le continuum de santé qui relie le sol aux populations humaines.

Cards en dialogue (4)