Métabolites secondaires
Les métabolites secondaires désignent un vaste ensemble de molécules synthétisées par les plantes et les microorganismes, extérieures aux voies universelles du métabolisme primaire, mais cruciales pour la persistance et l’adaptation dans un environnement dynamique. Loin d’être de simples déchets, ils constituent le vocabulaire chimique de la communication interspécifique et de la défense. Dans le continuum sol-plante-microbiome, ces composés – alcaloïdes, terpénoïdes, composés phénoliques, peptides non ribosomiques – sont exsudés par les racines ou libérés lors de la décomposition des litières. Ils sculptent la rhizosphère en agissant comme agents de signalisation (attirant des symbiotes bénéfiques ou des endophytes entomopathogènes), comme barrières (inhibant des pathogènes via une antibiose ciblée), ou comme agents chélatants modulant la biodisponibilité des nutriments. Cette régulation chimique participe à la structuration des communautés microbiennes et aux boucles de rétroaction avec la mésofaune (collemboles, acariens), dont le broutage sélectif est guidé par ces signatures moléculaires. Les turricules de lombriciens et les biopores deviennent des points chauds de transformation où les métabolites secondaires, ingérés, sont co-métabolisés ou adsorbés sur les surfaces minérales, contribuant à la stabilisation de la matière organique sans recourir au concept archaïque d’humification. In fine, ces molécules régulent le potentiel redox d’agrégats, influenceraient le transfert horizontal de gènes en conditions de stress (mécanisme indirect, à étayer) et illustrent la co-construction antifragile du sol par le vivant.