Shunt viral du sol : les phages comme moteur du cycle du carbone
Les phages du sol lysent 20-40 % des bactéries quotidiennement, libérant carbone et nutriments dans la matière organique dissoute (DOM). Ce shunt viral redirige le carbone bactérien vers la nécromasse microbienne, contournant le réseau trophique classique — la matière organique associée aux minéraux (MAOM) est ainsi alimentée par la lyse virale, pas seulement par la prédation.
Preuve directe (Barnett & Buckley 2023, Environ. Microbiol., 25 citations) : par SIP-métagénomique (¹³C), un bactériophage a été tracé assimilant le carbone issu de son hôte Streptomyces — premier lien expérimental phage → cycle du carbone du sol. L'assimilation du ¹³C par le phage confirme que les virus sont des acteurs biogéochimiques, pas seulement des agents de mortalité.
Stabilisation du carbone : la nécromasse virale (capsides protéiques, ADN) pourrait elle-même être récalcitrante et contribuer au pool MAOM (hypothèse émergente, contribution encore mal quantifiée). Les modèles de cycle du C qui ignorent le shunt viral sous-estiment la séquestration. Le shunt viral connecte le virome édaphique au cycle du carbone global.
Cards en dialogue (5)
- Voir aussi (4)
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- Cycle du carbone : de la photosynthèse à la MAOM
- Phages et transduction des ARG : réservoir silencieux du résistome
- Boucle microbienne du sol : protozoaires, paradoxe fonctionnel et minéralisation pilotée
- Soil Continuum Model (SCM) : fin du paradigme de l'humification, necromasse microbienne et fractions fonctionnelles MAOM/POM