Le rendement de la séquestration du carbone se pilote par le ratio carbone/azote du paillage : un substrat équilibré maximiserait l'efficience d'utilisation du carbone par les microbes (relation CUE-substrat non monotone, dépendant aussi de la qualité biochimique), donc la nécromasse qui se stabilise en matière organique liée aux minéraux (argiles, oxydes Fe/Al, limons fins), stable sur décennies à siècles. Pour le praticien, le choix du paillage devient le levier d'un capital carbone qui s'apprécie. Socle mécanistique : paradigme MEMS (Cotrufo 2013) et stabilisation de la nécromasse (Kallenbach 2016).
Les maillons de la chaîne
6 étapes, du levier agronomique à l'effet santé.
P5Ratio C/N optimalPoint de départ : le ratio C/N (C/N ratio) du paillage — carboné (BRF, paille) versus vert (légumineuses) — fixe la qualité du substrat entrant.
S4pompe microbienne à carboneLe carbone labile de ce substrat alimente la pompe microbienne à carbone (microbial carbon pump) : son premier maillon est l'incorporation dans la biomasse microbienne vivante.
S4Efficience d'utilisation du carboneL'efficience d'utilisation du carbone (Carbon Use Efficiency, CUE) arbitre la fraction du carbone incorporée en biomasse plutôt que respirée en CO2 — un substrat équilibré maximise le CUE.
S2nécromasse microbienneUn CUE élevé, par renouvellement microbien rapide, maximise la production de nécromasse microbienne (microbial necromass), matière première du carbone stable.
S1matière organique associée aux minérauxCette nécromasse s'adsorbe sur les minéraux argileux et forme la matière organique associée aux minéraux (mineral-associated organic matter, MAOM), stable sur des décennies à des siècles.
F2Capital biologiqueAboutissement : le stock de MAOM constitue un capital biologique amortissable, inscriptible au bilan de la ferme comme un actif qui s'apprécie.