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Le Sol Vivant

Boucle microbienne du sol : protozoaires, paradoxe fonctionnel et minéralisation pilotée

Card #97 Cycle Cycle Docs : V1, S2

La boucle microbienne (microbial loop) décrit le flux de matière et d'énergie piloté par les microprédateurs bactérivores du sol. Concept introduit en océanographie (Azam 1983) puis transposé au sol (Clarholm 1985).

Schéma : racine → exsudats carbonés (10-40 % du photosynthate) → bloom bactérien (C:N ~5:1, riche en N) → microprédation par protozoaires et nématodes bactérivores → excrétion de NH₄⁺ et PO₄³⁻ directement assimilables → absorption racinaire. Sans microprédateurs, N et P restent immobilisés dans la biomasse bactérienne.

Paradoxe fonctionnel : la prédation diminue la biomasse bactérienne totale (ATP, PLFA) mais augmente l'activité par turnover rapide (les bactéries broutées sont remplacées par des plus jeunes, plus actives). Un sol prédaté est moins « riche » en biomasse mais plus « actif » en flux — inversion du réflexe agronomique classique.

Acteurs protozoaires : flagellés (10⁴-10⁶/g, dominants en sol oxique actif), ciliés (généralistes, kystes résistants), amibes nues (spécialistes des biofilms), amibes à thèque (bio-indicateurs). Contribution quantifiée : 30-50 % de la minéralisation N rhizosphérique (Bonkowski 2004), effet « N kick » 24-72 h après le bloom.

Bio-indication : le ratio flagellés/amibes/ciliés signe la structure du sol ; méthode MPN accessible (comptage après 1-4 semaines d'incubation). Levier émergent — le thé de protozoaires : extraction de compost mûr + stimulation sélective (infusion paille/foin → bloom bactérien → vague protozoaire), application racinaire (Ingham, Soil Food Web ; Johnson, BEAM).

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