Top-down vs bottom-up : doctrine de régulation des communautés microbiennes du sol
La régulation des communautés microbiennes du sol obéit à deux dynamiques complémentaires :
- Bottom-up — la disponibilité des ressources contrôle composition et abondance (« la nourriture détermine ») : exsudats racinaires et matière organique pilotent la croissance bactérienne et fongique, qui structure les niveaux trophiques supérieurs.
- Top-down — la pression de prédation contrôle diversité et stabilité : protistes, nématodes bactérivores et mésofaune exercent une régulation descendante qui maintient la diversité bactérienne, freine les espèces opportunistes et libère des nutriments par excrétion (boucle microbienne).
Les travaux 2020-2026 (Jeanbille 2024, Jiang 2023, Bodur 2024) érigent cette dualité en clé de la stabilité et de la résilience des écosystèmes souterrains. Implications :
- la diversité bactérienne effective émerge de l'équilibre ressources × prédation — un sol riche en MO mais pauvre en prédateurs voit s'installer des dominances opportunistes ;
- la résilience dépend de la connectivité des deux flux, pas d'un seul ;
- les pratiques régénératives doivent piloter les deux leviers : apporter du C labile (bottom-up) et préserver/restaurer les niveaux trophiques supérieurs (top-down via couverts, non-travail, arrêt des fongicides).
Ce cadre dual structure la doctrine microbiome au-delà des seuls protistes, jusqu'à toute la chaîne (bactéries-protistes-nématodes-mésofaune-macrofaune).
Cards en dialogue (8)
- Approfondit
- Voir aussi (6)
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- Redondance fonctionnelle et résilience coévolutive (H5/DP4)
- Quorum sensing dans la rhizosphère : communication bactérienne, perception végétale, biofilms
- Boucle microbienne du sol : protozoaires, paradoxe fonctionnel et minéralisation pilotée
- Nématodes : guildes trophiques, indice de Bongers et diagnostic
- IPMO (Indigenous Predatory Microorganisms) : cultiver ses propres prédateurs pour pilotage biotique
- Biofumigation : glucosinolates des Brassica → isothiocyanates, suppression des bioagresseurs telluriques