Efficience d'utilisation de l'eau (WUE) : le prix du carbone en eau
Efficience d'utilisation de l'eau (WUE) : rapport entre biomasse produite (ou rendement) et eau consommée (évapotranspiration). Concept fondateur (Briggs & Shantz, 1914) devenu la métrique centrale de l'adaptation au déficit hydrique.
Leviers génétiques — la photosynthèse fixe le prix de l'eau :
- Plantes C3 : la photorespiration impose des stomates largement ouverts → WUE de référence ; dépression méridienne de la photosynthèse sous stress (fermeture stomatique au pic de rayonnement).
- Plantes C4 (#4487) : concentration du CO₂ par la PEP-carboxylase (Hatch-Slack) → stomates moins ouverts pour le même carbone fixé → WUE environ doublée (maïs, sorgho, millet) : elles continuent de produire à midi quand les C3 s'arrêtent.
- Métabolisme CAM : stomates nocturnes → WUE maximale (agave, ananas) — voie encore absente du corpus.
Leviers système (le sol vivant décide de la moitié de l'équation) :
- Maximiser l'eau verte (transpiration productive) contre l'évaporation directe : couverture du sol, mulch, densité de canopée (#36 §5).
- Réserve utile et connectivité racinaire : architecture « steep, cheap and deep » (idéotype Lynch) pour prélever profond tard dans la saison (#217, #272).
- Régulation fine : signalisation ABA racine→pousse (la racine « mesure » l'état hydrique avant la feuille — base du partial rootzone drying), aquaporines et conductance hydraulique.
Arbitrage clé : WUE élevée ≠ rendement élevé — maximiser la WUE peut réduire la production absolue ; l'objectif agronomique est la productivité de l'eau à l'échelle du système, pas l'efficience foliaire isolée.