Argument le plus puissant pour les décideurs publics : un choix de couvert agricole se répercuterait, étape biologique après étape, jusqu'à l'immunité intestinale humaine (cascade multi-maillons plausible mais encore controversée). La politique agricole est une politique de santé publique.
Les maillons de la chaîne
8 étapes, du levier agronomique à l'effet santé.
P2couvert multiespècesPoint de départ : le couvert multi-espèces (légumineuses + graminées + crucifères) maximise l'aire foliaire et fait tourner à plein régime la photosynthèse, seul processus qui injecte du carbone atmosphérique dans le système sol.
S4pompe microbienne à carboneLe carbone fixé par le couvert est transféré aux racines puis aux exsudats (5-40% du C photosynthétique) : la pompe microbienne à carbone transforme ce flux labile en nécromasse et MAOM, et nourrit simultanément la biomasse microbienne active.
S2biodiversité du solLa pompe alimentée par des exsudats chimiquement variés sature des niches écologiques multiples et fait émerger une forte diversité microbienne (Chao1, Shannon élevés), support de la redondance fonctionnelle et de la suppressivité générale.
S3Réseau MycorhizienAu sein de cette diversité, les champignons mycorhiziens à arbuscules tissent un réseau inter-racinaire (common mycorrhizal network) qui relie les plantes du couvert, distribue C, N, P et eau, et transporte les signaux de défense — infrastructure intégratrice du microbiome du sol.
V2HolobiontePlante + rhizomicrobiome + CMN cessent d'être des entités séparables : ils forment un holobionte, unité d'évolution et de physiologie, où la plante pilote activement le recrutement (LCO, strigolactones, flavonoïdes) et capitalise les services de son microbiome associé.
V3Métabolites secondaires microbiensL'holobionte fonctionne comme un bioréacteur : les micro-organismes de la rhizosphère et des fermentations produisent antibiotiques naturels, sidérophores, vitamines B, acides organiques et précurseurs de polyphénols — métabolites bioactifs qui seront transférés à la plante et à son consommateur.
H1densité nutritionnelleLes métabolites secondaires microbiens et les micronutriments mobilisés par l'holobionte se concentrent dans l'aliment : la densité nutritionnelle (polyphénols, vitamines B, Fe, Zn, Se) devient le marqueur agronomique mesurable d'un sol vivant dans l'assiette.
H2axe sol-plante-goûtPar l'axe sol-plante-goût, l'aliment dense transfère polyphénols, métabolites anti-inflammatoires et micro-organismes vivants au microbiote intestinal : ces 'vieux amis' entraînent l'immunité intestinale, restaurent la suppressivité symbiotique et réduisent le besoin d'antibiotiques — bouclant la chaîne photosynthèse → immunité humaine.