Une grille de décision pour le retour de la matière organique au sol : compost, BRF, thés oxygénés (voie aérobie), bokashi (voie anaérobie de fermentation lactique), biochar (carbone récalcitrant, plus d'un siècle). Toutes ces voies convergent vers un même devenir — la nécromasse microbienne, puis la matière organique stabilisée sur les argiles et le complexe argilo-humique. Choisir la voie selon l'objectif : biostimuler vite, ou stocker durablement.
Les maillons de la chaîne
8 étapes, du levier agronomique à l'effet santé.
F1Cycle d’IndorePoint de départ historique : le Cycle d'Indore d'Albert Howard (années 1920-30) fonde le compostage aérobie moderne et démontre à grande échelle qu'une fertilité durable peut être reconstruite sans intrants de synthèse — matrice de toutes les MAFOR.
P3compostageHéritage agronomique direct d'Indore : le compostage contrôlé (phases thermophile/mésophile/maturation) se décline en préparations opérationnelles — compost mûr, BRF, thés de compost oxygénés — qui stabilisent la MO fraîche par voie aérobie avant retour au sol.
V3fermentation anaérobieBifurcation vers la voie anaérobie : le bokashi et la lactofermentation offrent une alternative conservatoire (C et N mieux préservés qu'en compostage aérobie), enrichie de métabolites bioactifs (acide 3-phényllactique, enzymes) et de minéraux chélatés — les « lunch boxes » microbiennes.
P3inoculum mycorhizienVivification des apports : qu'elles soient aérobies ou anaérobies, ces MAFOR gagnent en efficacité lorsqu'on y adjoint des inocula biologiques (CMA, rhizobactéries), à condition que le sol soit réellement déficient — le vivant ajouté prolonge l'effet des matières apportées.
S4nécromasse microbienneConvergence vers la nécromasse microbienne : toutes ces voies (compostage aérobie, bokashi/lactofermentation, photofermentation, hydrolyses, fermentation acétique) produisent de la nécromasse microbienne — fraction des micro-organismes morts et de leurs résidus — qui constitue, sous le paradigme Soil Continuum Model (Lehmann & Kleber 2015, Cotrufo 2019, Liang 2017), la voie dominante de stabilisation du carbone et l'apport prépondérant à la matière organique stable du sol (la nécromasse microbienne contribuant proportionnellement plus que la nécromasse végétale au pool stabilisé).
S4biocharParallèlement à l'humification biologique, le biochar (pyrolyse >350°C) introduit un pool récalcitrant : carbone très stable (> 100 ans), support physique de l'habitat microbien, inspiré de la terra preta — non biostimulant mais architecture durable du sol.
S4matière organique associée aux minérauxLe devenir à long terme de l'humus biologique se lit dans le MAOM : carbone d'origine microbienne adsorbé aux argiles et aux oxydes Fe/Al, pool cible du carbon farming — la stabilité est physique (Lehmann & Kleber 2015), non chimique.
S1Complexe argilo-humiqueAboutissement structural : le MAOM s'inscrit dans le Complexe Argilo-Humique, association intime argiles-humus pontée par Ca²⁺/Mg²⁺ — fertilité chimique, structure physique et résilience hydrique réunies, clôturant le parcours de la MAFOR jusqu'à la Théorie de l'Humus concrétisée.