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Le Sol Vivant

Capture indigène vs inoculum standardisé : doctrine de l'origine du consortium microbien

Card #152 Pratique Doctrine Docs : S2, P3, V2

Deux paradigmes opposés structurent les inoculants microbiens en agriculture régénératrice :

  • Capture indigène locale — KNF-IMO (Cho Han Kyu ; Park & DuPonte 2008), JADAM leaf mold (Cho Y. 2016), LiFoFer (Terre & Humanisme 2018), Micro-Ben costaricien, IHplus cubain (Felix 2015), MMS Paniagua (Thinard 2019) : on capture la microflore d'une forêt mature proche, pour l'autonomie paysanne et l'adaptation pédoclimatique.
  • Consortium standardisé importé — EM-1 (Higa 1991) : fiabilité industrielle reproductible, produit breveté à composition garantie, diffusé à l'identique dans plus de 130 pays.

Arguments de la première école : microflore co-évoluée mieux adaptée au pédoclimat ; biodiversité fonctionnelle supérieure à un consortium de quelques souches ; autonomie. Lamont (2017) confirme le premier point : des souches pures de Lactobacillus introduites au champ sont vite supplantées par la microflore native — ce qui poussa Higa lui-même à abandonner le clone pur pour le consortium plurispécifique.

Arguments de la seconde école : reproductibilité, caractérisation rigoureuse, traçabilité réglementaire, accès hors zones forestières.

S'y ajoute un enjeu épistémique et politique (souveraineté des savoirs) : les paysans costariciens de Micro-Ben refusent qu'« une transnationale s'empare une nouvelle fois de [leurs] connaissances et dépose un brevet ». C'est l'un des deux grands axes doctrinaux de l'écologie microbienne appliquée — l'autre étant la divergence interne KNF/JADAM sur le minimalisme du protocole.

En pratique : EM-Higa pour la grande culture périurbaine sans forêt accessible ; IMO / leaf mold / LiFoFer / MMS en agriculture paysanne près d'écosystèmes préservés ; ou une approche hybride (démarrer à l'EM puis basculer vers la capture indigène à mesure que la microflore du site se rétablit).

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