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Le Sol Vivant

Fiche #105 Réfs. académiques (76) Doc(s) : P3 · V2 · H1 · P1 · S2

Fermentations enzymatiques sur substrat solide — mécanismes et cas Koji, Natto, Jiuqu, Tempeh

La transition mondiale vers une agriculture durable et une économie circulaire impose le développement d'alternatives biosourcées aux intrants chimiques conventionnels (Mattedi et al., 2023). Dans ce contexte, la fermentation en milieu solideLa fermentation en milieu solide est définie comme la croissance de microorganismes sur un substrat solide humide en l'absence ou quasi-absence d'eau libre (Bhargav et al., 2008; Webb, 2017). Ce bioprocédé simule des processus naturels comme le compostage et est particulièrement adapté aux champignons filamenteux (Sadh et al., 2018; Sutter, 2017). Il permet la production de molécules à haute valeur ajoutée (antibiotiques, enzymes, acides organiques) à partir de résidus agro-industriels avec des coûts opérationnels réduits par rapport à la fermentation en milieu liquide (Bhargav et al., 2008; Martins et al., 2011). → Vocabulaire émerge comme une biotechnologie clé pour la valorisation des résidus agro-industriels en produits à haute valeur ajoutée, tels que des biostimulants et des biopesticides (Mattedi et al., 2023). Contrairement à la fermentation immergée, la SSF permet la croissance de microorganismes sur des substrats solides avec peu d'eau libre, simulant ainsi les conditions naturelles de nombreux écosystèmes et favorisant une production enzymatique souvent supérieure (Mattedi et al., 2023 ; Zhang et al., 2023). À titre d'exemple, des études récentes montrent qu'Aspergillus oryzae peut produire jusqu'à 500 fois plus de protéines hétérologues en SSF que dans les systèmes liquides (Zhang et al., 2023).
Les fermentations traditionnelles d'Asie de l'Est — Koji, Natto et Jiuqu — représentent des modèles sophistiqués de consortiums microbiens optimisés pour la dégradation de polymères complexes. Le Jiuqu (ou Daqu/Xiaoqu), par exemple, agit comme un « catalyseur d'arômes » et un agent de saccharification complexe (Zhong et al., 2024), fournissant jusqu'à 80 % des hydrolases de glucides dans certains processus de fermentation grâce à l'action synergique d'Aspergillus, Rhizomucor et Rhizopus (Tu et al., 2022). De même, le Natto, basé sur la fermentation du soja par Bacillus subtilis, produit des lipopeptides (surfactine, fengycine) dont les propriétés de biocontrôle contre des pathogènes tels que Botrytis cinerea sont de plus en plus documentées (Kaushal et al., 2023 ; Karamchandani et al., 2022).
L'intérêt agronomique de ces fermentations réside dans leur capacité à générer des systèmes enzymatiques multifonctionnels :

  • Solubilisation des nutriments : Des isolats d'Aspergillus niger ont récemment été identifiés comme des agents hautement performants pour la solubilisation du phosphore organique et inorganique, transformant des déchets comme le son de blé en biofertilisants assimilables (Tahir et al., 2025).
  • Biostimulation et Immunité : L'application d'extraits issus d'Aspergillus oryzae agit comme un bio-immunostimulant, renforçant les mécanismes de défense des plantes et améliorant la fertilité microbienne du sol (BOSCO & George, 2025).
  • Suppressivité : Les souches de Bacillus velezensis stimulent les gènes de signalisation de l'acide salicylique et la production d'antioxydants chez les plantes, réduisant ainsi la sévérité des maladies telluriques (Kaushal et al., 2023) ; et Bacillus subtilis présente une activité de biocontrôle (Ruzzi et al., 2024).
    Ce document explore les mécanismes de la SSF, les rôles clés des microorganismes impliqués (Bacillus, Aspergillus, Rhizopus) et les applications concrètes de ces fermentations dans l'amélioration de la santé des sols et de la productivité des cultures. L'objectif est de démontrer comment ces techniques ancestrales, une fois standardisées par des approches méta-omiques (Kang et al., 2022) et des systèmes de contrôle en temps réel (Kabir et al., 2025), peuvent devenir les piliers d'une nouvelle ère de biostimulation enzymatique.

Résumé

Ce document explore le potentiel de la fermentation en milieu solideLa fermentation en milieu solide est définie comme la croissance de microorganismes sur un substrat solide humide en l'absence ou quasi-absence d'eau libre (Bhargav et al., 2008; Webb, 2017). Ce bioprocédé simule des processus naturels comme le compostage et est particulièrement adapté aux champignons filamenteux (Sadh et al., 2018; Sutter, 2017). Il permet la production de molécules à haute valeur ajoutée (antibiotiques, enzymes, acides organiques) à partir de résidus agro-industriels avec des coûts opérationnels réduits par rapport à la fermentation en milieu liquide (Bhargav et al., 2008; Martins et al., 2011). → Vocabulaire, une technologie émergente au cœur de la bioéconomie circulaire, pour la valorisation des coproduits agricoles en intrants à haute valeur ajoutée (Sánchez, 2024). Contrairement aux fermentations liquides conventionnelles, la SSF reproduit les conditions naturelles de croissance des micro-organismes sur des substrats solides, permettant une production enzymatique hautement concentrée et stable (El-Bakry et al., 2015).
L'étude se concentre sur des micro-organismes pivots issus de traditions millénaires (Koji, Natto, Jiuqu) tels qu’Aspergillus oryzae et Bacillus subtilis (Elhalis et al., 2023). Ces agents biologiques sécrètent un arsenal enzymatique complexe — notamment des protéases, cellulases — capables de transformer la matière organique complexe en nutriments biodisponibles (Leite et al., 2020 ; Nguyen & Nguyen, 2019).
Les applications agronomiques identifiées sont triples :

  • Biostimulation : Les biostimulants issus de SSF favorisent la croissance végétale et la résilience face au stress (Mattedi et al., 2023).
  • Solubilisation du phosphore : L'action des micro-organismes solubilisant le phosphore produits par SSF permet de mobiliser le phosphore organique, souvent bloqué dans les sols (Tahir et al., 2025).
  • Protection des cultures : L'utilisation de micro-organismes indigènes confère à ces derniers des propriétés suppressives contre les pathogènes du sol (Xa & Nghĩa, 2020).
    Enfin, le document distingue la SSF du compostage et des fermentations anaérobies par sa sobriété hydrique (consommation d'eau nettement réduite) et sa capacité à générer des métabolites secondaires plus diversifiés (El-Bakry et al., 2015). En transformant les centres de traitement de déchets en véritables bioraffineries, la SSF s'impose comme un levier stratégique pour une agriculture durable et souveraine (Artola et al., 2024).

Mécanisme — Solid-State Fermentation versus fermentation immergée

La fermentation en milieu solideLa fermentation en milieu solide est définie comme la croissance de microorganismes sur un substrat solide humide en l'absence ou quasi-absence d'eau libre (Bhargav et al., 2008; Webb, 2017). Ce bioprocédé simule des processus naturels comme le compostage et est particulièrement adapté aux champignons filamenteux (Sadh et al., 2018; Sutter, 2017). Il permet la production de molécules à haute valeur ajoutée (antibiotiques, enzymes, acides organiques) à partir de résidus agro-industriels avec des coûts opérationnels réduits par rapport à la fermentation en milieu liquide (Bhargav et al., 2008; Martins et al., 2011). → Vocabulaire est définie comme un processus microbiologique se déroulant sur des substrats solides humides en l'absence ou quasi-absence d'eau libre (Webb, 2017). Ce mécanisme simule l'habitat naturel de nombreux microorganismes, en particulier les champignons filamenteux, leur offrant des conditions de croissance optimales pour la sécrétion d'enzymes complexes (Zaier et al., 2021).

Définition et paramètres physico-chimiques de la SSF

Le succès d'une SSF repose sur la gestion précise de l'interface entre les phases solide, liquide (eau liée) et gazeuse (Liu, 2013). Contrairement à la fermentationProcessus biologique de transformation biochimique d'un substrat organique (sucres, protéines) en énergie par des microorganismes (bactéries, levures) en l'absence d'oxygène ou sous micro-aérophilie (Penland, 2020; Ubersfeld, 2016). Dans le sol, la fermentation produit divers métabolites (acides organiques, alcools) et peut coupler l'oxydation des substrats à la réduction de métaux comme le fer (Fe³⁺), servant ainsi de puits de protons en conditions anaérobies (Devisme, 2009) → Vocabulaire immergée (SmF) où les nutriments sont dissous, la SSF utilise le substrat à la fois comme source de carbone/azote et comme support physique (Zaier et al., 2021).
Les paramètres clés identifiés dans les recherches récentes incluent :

  • Activité de l'eau (aw) et humidité : L'humidité optimale varie généralement entre 35 % et 80 % (Mai, 2021), mais c'est l'aw qui détermine la disponibilité réelle de l'eau pour le métabolisme microbien (Martins et al., 2011). Les champignons (Aspergillus, Rhizopus) tolèrent des aw plus faibles que les bactéries (Kalaiselvan et al., 2025).
  • Taille des particules : La granulométrie influence la surface d'échange et la porosité du lit, affectant directement le transfert d'oxygène (Mai, 2021).
  • Contrôle du pH : En SSF, le pH est difficile à mesurer directement (Molina-Peñate et al., 2022); il est souvent régulé indirectement par le choix des sources d'azote (ex.: sels d'ammonium) qui acidifient ou alcalinisent le milieu lors de leur consommation (Manpreet et al., 2005).
  • Aération et transfert de masse : L'air circulant dans les espaces interstitiels doit assurer l'apport en O₂ et l'évacuation du CO₂ ainsi que de la chaleur métabolique (Sánchez et al., 2024).

Avantages SSF par rapport à la fermentation immergée

La SSF présente des avantages technico-économiques et environnementaux majeurs par rapport à la SmF :

  • Productivité enzymatique supérieure : Les titres enzymatiques sont souvent plus élevés en SSF (Leite et al., 2020). Les enzymes produites présentent également une meilleure stabilité thermique et une résistance accrue à l'inhibition par le produit final (Kalaiselvan et al., 2025).
  • Valorisation des déchets agro-industriels : La SSF permet d'utiliser directement des sous-produits bruts (son de bléCoproduit issu de la mouture du blé, constitué des enveloppes externes du grain (péricarpe, tégument et couche à aleurone). Bien que distinct de la paille de blé (tige et feuilles) (Kurkutia et al., 2025) il partage une composition riche en polymères structurels comme la cellulose et l'hémicellulose, servant de substrat carboné pour la microflore du sol ou la fermentation microbienne (Kurkutia et al., 2025). Sa dégradation est influencée par sa structure macroscopique et moléculaire, particulièrement son taux de lignification (Kurkutia et al., 2025) → Vocabulaire, tourteaux de soja, rafles de maïs) sans prétraitements coûteux (Leite et al., 2020), transformant des déchets à faible valeur en biofertilisants ou en biopesticides (Domínguez-Rivera et al., 2025).
  • Empreinte écologique réduite : Le processus consomme beaucoup moins d'eau (Matei et al., 2021), génère peu d'effluents liquides et ne nécessite pas de systèmes anti-mousse complexes (Webb, 2017).
  • Économies d'énergie : L'agitation est moins énergivore qu'en réacteur liquide agité (Matei et al., 2021).

Limites et défis de la SSF

Malgré son potentiel, le passage à l'échelle industrielle (montée en échelle) reste le principal défi de la SSF en raison de l'hétérogénéité intrinsèque du milieu (Sánchez et al., 2024).

  • Accumulation de chaleur : La faible conductivité thermique des matrices solides entraîne la formation de gradients de température. La chaleur métabolique générée peut inhiber la croissance microbienne au cœur du bioréacteur si l'évacuation par convection n'est pas optimale (Sánchez et al., 2024).
  • Difficultés de suivi : La surveillance en temps réel du pH, de l'humidité et de la biomasse est complexe dans une matrice solide (Kalaiselvan et al., 2025). Cependant, l'émergence de capteurs de pointe pour le suivi du pH et de la température en temps réel commence à lever ces verrous technologiques (Kabir et al., 2025).
  • Hétérogénéité des nutriments : Contrairement à la SmF qui est homogène, la SSF peut présenter des zones de carence ou de surconcentration en nutriments (Kalaiselvan et al., 2025), affectant potentiellement la répétabilité du processus (Betchem et al., 2024).
  • Contaminations : Bien que le faible taux d'humidité limite certains contaminants, une fois installée, une infection bactérienne ou fongique indésirable est difficile à éradiquer sans compromettre l'ensemble du lot solide (Kalaiselvan et al., 2025).

Microorganismes pivots : Bacillus subtilis natto, Aspergillus oryzae/niger, Rhizopus oligosporus

La fermentation en milieu solideLa fermentation en milieu solide est définie comme la croissance de microorganismes sur un substrat solide humide en l'absence ou quasi-absence d'eau libre (Bhargav et al., 2008; Webb, 2017). Ce bioprocédé simule des processus naturels comme le compostage et est particulièrement adapté aux champignons filamenteux (Sadh et al., 2018; Sutter, 2017). Il permet la production de molécules à haute valeur ajoutée (antibiotiques, enzymes, acides organiques) à partir de résidus agro-industriels avec des coûts opérationnels réduits par rapport à la fermentation en milieu liquide (Bhargav et al., 2008; Martins et al., 2011). → Vocabulaire repose sur des consortiums microbiens dont la stabilité et la performance dépendent de successions écologiques précises (Zhang et al., 2022). Ces microorganismes ne se contentent pas de cohabiter ; ils interagissent via des mécanismes d'alimentation croisée (cross-feeding) métabolique et de signalisation moléculaire qui décuplent la production d'enzymes et de métabolites secondaires d'intérêt agricole (Singh et al., 2022).

Bacilles : Bacillus subtilis natto et apparentés

Reconnus pour leur polyvalence en agriculture moderne, Bacillus subtilisBactérie Gram-positive, sporulante et aérobie, largement présente dans le sol et la rhizosphère. Elle est reconnue comme une rhizobactérie promotrice de la croissance des plantes grâce à sa capacité à solubiliser le phosphore, à fixer l'azote et à produire des métabolites antifongiques ou des biofilms protecteurs (Blake et al., 2020; Shinde et al., 2025). Sa capacité à former des endospores lui permet de survivre dans des conditions environnementales extrêmes (Bibi et al., 2023; Singh & Pujari, 2022) → Vocabulaire et ses proches parents (B. amyloliquefaciens, B. velezensis) agissent comme des rhizobactéries promotrices de la croissance des plantes multifonctionnelles (Ruzzi et al., 2024 ; Shinde et al., 2025).

  • Mécanismes de Biocontrôle : Leur efficacité repose sur la sécrétion de lipopeptides cycliques (surfactine, fengycine, mycosubtiline) qui inhibent la croissance mycélienne et la sporulation de pathogènes majeurs tels que Botrytis cinerea (Kaushal et al., 2023).
  • Synergie et Antagonisme : Des recherches récentes mettent en lumière une "interaction de nature duale" avec les champignons du genre Aspergillus. Selon le pH et la disponibilité des nutriments, Bacillus peut agir en synergie ou en amensalisme, supprimant la croissance fongique tout en bénéficiant des métabolites dérivés du champignon (Xu et al., 2025 ; Singh et al., 2022).
  • Fonctions Enzymatiques : Au-delà du biocontrôle, ces souches sécrètent des amylases, cellulases et protéases extracellulaires, tout en produisant de l'acide indole-acétique et des sidérophores qui facilitent l'acquisition du fer par les cultures (Ruzzi et al., 2024).

Champignons filamenteux : Aspergillus oryzae et A. niger

Les Aspergillus constituent les principaux agents de la saccharification en SSF, capables de produire des titres protéiques jusqu'à 500 fois supérieurs à ceux obtenus en fermentationProcessus biologique de transformation biochimique d'un substrat organique (sucres, protéines) en énergie par des microorganismes (bactéries, levures) en l'absence d'oxygène ou sous micro-aérophilie (Penland, 2020; Ubersfeld, 2016). Dans le sol, la fermentation produit divers métabolites (acides organiques, alcools) et peut coupler l'oxydation des substrats à la réduction de métaux comme le fer (Fe³⁺), servant ainsi de puits de protons en conditions anaérobies (Devisme, 2009) → Vocabulaire immergée (Zhang et al., 2023).

  • Bio-immunostimulation : Aspergillus oryzae est désormais utilisé pour formuler des bio-immunostimulants qui renforcent les mécanismes de défense systémique des plantes et améliorent la fertilité microbienne du sol (BOSCO & George, 2025).
  • Solubilisation du Phosphore : Aspergillus niger s'est révélé être l'un des agents les plus performants pour la solubilisation du phosphore, capable d'hydrolyser le phosphore organique et inorganique en formes assimilables sur des substrats tels que le son de blé (Tahir et al., 2025).
  • Rôle dans les Consortiums : Dans les starters complexes comme le Jiuqu, Aspergillus fournit jusqu'à 80 % des hydrolases de glucides, essentielles à la libération d'énergie pour le reste de la communauté microbienne (Tu et al., 2022).

Champignons assembleurs : Rhizopus oligosporus

Principal agent du Tempeh, Rhizopus oligosporus est un organisme GRAS (généralement reconnu comme sûr) doté d'un système enzymatique exceptionnellement vaste (Kwak et al., 2023).

  • Dégradation des Biomacromolécules : Il produit des cellulases, hémicellulases, xylanases, et notamment des phosphatases et phytases cruciales pour la biodisponibilité des minéraux (Kwak et al., 2023 ; Owolabi et al., 2022).
  • Enrichissement Nutritionnel : La SSF par R. oligosporus augmente significativement la teneur en protéines solubles et en petits peptides (oligopeptides) des substrats végétaux, transformant des résidus comme les tourteaux de sojaLe soja (Glycine max) est une légumineuse annuelle majeure cultivée pour sa haute teneur en protéines (Rakotovololona, 2013). Il se distingue par sa capacité à former une symbiose avec des bactéries diazotrophes du genre Bradyrhizobium, aboutissant à la formation de nodosités racinaires sphériques où l'azote atmosphérique est fixé sous forme d'ammonium au profit de la plante (Birnbaum et al., 2018; Hinimbio, 2019) → Vocabulaire ou de colza en amendements hautement bioactifs (Zhang et al., 2022). Sa capacité à former un réseau mycélien dense assure la cohésion physique du substrat fermenté.

Levures associées : Saccharomyces, Pichia, Hanseniaspora

Les levures ne sont pas de simples agents de fermentationProcessus biologique de transformation biochimique d'un substrat organique (sucres, protéines) en énergie par des microorganismes (bactéries, levures) en l'absence d'oxygène ou sous micro-aérophilie (Penland, 2020; Ubersfeld, 2016). Dans le sol, la fermentation produit divers métabolites (acides organiques, alcools) et peut coupler l'oxydation des substrats à la réduction de métaux comme le fer (Fe³⁺), servant ainsi de puits de protons en conditions anaérobies (Devisme, 2009) → Vocabulaire alcoolique ; elles jouent un rôle structurel dans la stabilité du microbiome SSF (Zhang et al., 2022).

  • Pichia et Succession Microbienne : Le genre Pichia est identifié comme un biomarqueur clé de la vitesse de succession des communautés. En utilisant le saccharose et le glucose libérés par les champignons, les espèces de Pichia produisent des composés aromatiques (acétate d'éthyle) et maintiennent la stabilité du réseau fongique face aux perturbations environnementales (H. Zhang et al., 2022 ; Y. Zhang et al., 2023).
  • Enrichissement Métabolique : L'interaction entre Saccharomyces cerevisiae, Pichia et Zygosaccharomyces favorise le métabolisme du carbone médié par le glucose, renforçant la production de métabolites secondaires qui agissent comme des précurseurs de croissance pour les cultures en aval (Zhang et al., 2022).

Enzymes produites et fonctions agricoles

L'efficacité de la fermentation en milieu solideLa fermentation en milieu solide est définie comme la croissance de microorganismes sur un substrat solide humide en l'absence ou quasi-absence d'eau libre (Bhargav et al., 2008; Webb, 2017). Ce bioprocédé simule des processus naturels comme le compostage et est particulièrement adapté aux champignons filamenteux (Sadh et al., 2018; Sutter, 2017). Il permet la production de molécules à haute valeur ajoutée (antibiotiques, enzymes, acides organiques) à partir de résidus agro-industriels avec des coûts opérationnels réduits par rapport à la fermentation en milieu liquide (Bhargav et al., 2008; Martins et al., 2011). → Vocabulaire repose sur la capacité des microorganismes à sécréter un arsenal enzymatique concentré pour dégrader les polymères complexes du substrat (Kalaiselvan et al., 2025). Contrairement aux systèmes liquides, la SSF permet d'obtenir des extraits enzymatiques plus stables et plus actifs, facilitant leur utilisation comme bio-intrants (El-Bakry et al., 2015 ; Fernandes et al., 2021).

Protéases et libération d'acides aminés

Les protéases catalysent l'hydrolyse des protéines en oligopeptides et acides aminés libres, essentiels pour la nutrition azotée foliaire et la signalisation du stress (Hörz et al., 2024).

  • Origine bactérienne : Des études récentes montrent que Bacillus subtilisBactérie Gram-positive, sporulante et aérobie, largement présente dans le sol et la rhizosphère. Elle est reconnue comme une rhizobactérie promotrice de la croissance des plantes grâce à sa capacité à solubiliser le phosphore, à fixer l'azote et à produire des métabolites antifongiques ou des biofilms protecteurs (Blake et al., 2020; Shinde et al., 2025). Sa capacité à former des endospores lui permet de survivre dans des conditions environnementales extrêmes (Bibi et al., 2023; Singh & Pujari, 2022) → Vocabulaire produit des niveaux de protéases particulièrement élevés sur des tourteaux de chanvre, atteignant 184,67 U/g, surpassant les rendements sur tourteaux de lin ou de courge (Dumitru et al., 2025). L'analyse du pH a indiqué un déplacement vers l'alcalinité dans les tourteaux de courge et de chanvre en raison de l'activité protéolytique (Dumitru et al., 2025).
  • Origine fongique : Les protéases de Rhizopus oligosporus augmentent continuellement durant la fermentation (Zhang et al., 2022), et la fermentation de la biomasse de son peut libérer des biopeptides antioxydants (Colla et al., 2023).
  • Application : La libération de ces biopeptides par SSF peut améliorer la digestibilité des nutriments. Les hydrolysats de protéines ont été identifiés comme améliorant le métabolisme de l'azote et la productivité des plantes lorsqu'ils sont appliqués en pulvérisation foliaire (Hörz et al., 2024).

Cellulases et lyse pariétale végétale

Le complexe lignocellulolytique (endoglucanases, exoglucanases, β-glucosidases) est crucial pour dégrader la structure fibreuse des parois végétales (Zhang et al., 2022).

  • Performance : Rhizopus oligosporus atteint son pic d'activité des cellulases à 48 heures et celui de la β-glucosidase avant 36 heures après l'inoculation sur sojaLe soja (Glycine max) est une légumineuse annuelle majeure cultivée pour sa haute teneur en protéines (Rakotovololona, 2013). Il se distingue par sa capacité à former une symbiose avec des bactéries diazotrophes du genre Bradyrhizobium, aboutissant à la formation de nodosités racinaires sphériques où l'azote atmosphérique est fixé sous forme d'ammonium au profit de la plante (Birnbaum et al., 2018; Hinimbio, 2019) → Vocabulaire, créant des vides structurels dans la matrice solide dus à la dégradation enzymatique (Zhang et al., 2022).
  • Substrats valorisés : Les résidus de brasserie (drêches) sont identifiés comme des substrats de choix, contenant 30 à 50 % d'hémicellulose et de cellulose, favorisant une production élevée de xylanases et cellulases par SSF (Fernandes et al., 2021).
  • Effet agronomique : Ces enzymes amorcent la décomposition des résidus de culture au sol, accélérant la libération du carbone organique (Zhang et al., 2025).

Amylases et libération de sucres simples

L'α-amylaseFamille d'enzymes glycosyl hydrolases qui catalysent l'hydrolyse de l'amidon en polymères de glucose ou en sucres simples (maltose, glucose) (N. et al., 2003; Naik et al., 2023). On distingue les α-amylases (endo-enzymes coupant les liaisons α-1,4 internes de façon aléatoire) et les β-amylases (exo-enzymes libérant du maltose à partir des extrémités non réductrices) (Ahmed et al., 2020; Boisselier, 2016) → Vocabulaire et la glucoamylase transforment l'amidon en sucres fermentescibles (glucose, maltose), ces sucres servant de source d'énergie immédiate pour la microflore du sol ou pour des fermentations secondaires (Oliinychuk & Danilova, 2023).

  • Cinétique : En SSF sur soja ou riz, l'activité de l'α-amylase connaît une croissance rapide et continue tout au long du processus (Zhang et al., 2022).
  • Consortiums (Jiuqu/Daqu) : Dans les ferments traditionnels, des levures comme Saccharomycopsis et Pichia collaborent avec les moisissures pour produire des enzymes saccharolytiques à haute activité, assurant une disponibilité constante en sucres simples (Zhang et al., 2023).

Phytases et solubilisation du P organique

Les phytases sont les leviers majeurs pour la gestion du phosphore (P), car elles hydrolysent l'acide phytique (forme de stockage du P inassimilable par les plantes) (Rizwanuddin et al., 2023).

  • Optimisation : Des recherches de 2025 ont identifié Aspergillus nigerChampignon saprophyte filamenteux ubiquiste, reconnu comme un "bourreau de travail" industriel pour sa capacité exceptionnelle à sécréter des acides organiques (citrique, oxalique, gluconique) (Arboleda-Riascos et al., 2024; Islam, 2019). Dans le sol, ces exsudats acides facilitent la solubilisation du phosphore inorganique et l'altération des minéraux silicatés, tout en contribuant à la bioremédiation des métaux lourds par chélation (Wu & Hu, 2019; Zhang et al., 2019) → Vocabulaire comme l'un des micro-organismes solubilisateurs de phosphate les plus puissants en SSF sur son de blé. Les conditions rapportées comme optimales sont une température élevée (~44 °C) et un pH initial neutre, qui chute ensuite en zone acide par la production d'acides organiques — la solubilisation du P par A. niger reposant sur l'acidification du milieu, un optimum à pH alcalin serait incohérent (Tahir et al., 2025).
  • Réduction des facteurs anti-nutritionnels : La phytase produite par B. subtilis et Rhizopus réduit la teneur en phytates des substrats (Kalaiselvan et al., 2025).
  • Biodisponibilité : L'utilisation de phosphatases acides produites par Trichoderma harzianum sur millet permet également de convertir le phosphore insoluble en formes biodisponibles par des mécanismes de chélation, d'acidification ou d'hydrolyse (Afonso et al., 2025).

Les cas Natto, Tempeh, Koji, Jiuqu — substrats et conditions

Quatre exemples principaux de fermentationProcessus biologique de transformation biochimique d'un substrat organique (sucres, protéines) en énergie par des microorganismes (bactéries, levures) en l'absence d'oxygène ou sous micro-aérophilie (Penland, 2020; Ubersfeld, 2016). Dans le sol, la fermentation produit divers métabolites (acides organiques, alcools) et peut coupler l'oxydation des substrats à la réduction de métaux comme le fer (Fe³⁺), servant ainsi de puits de protons en conditions anaérobies (Devisme, 2009) → Vocabulaire solide illustrent les paramètres critiques et les innovations récentes du procédé. L'utilisation de cultures de démarrage (starters) est cruciale pour contrôler le processus de fermentation et assurer la consistance des produits (Elhalis et al., 2023).

Natto — Bacillus subtilis natto sur soja

La fermentation du Natto repose sur la prédominance fonctionnelle de Bacillus subtilisBactérie Gram-positive, sporulante et aérobie, largement présente dans le sol et la rhizosphère. Elle est reconnue comme une rhizobactérie promotrice de la croissance des plantes grâce à sa capacité à solubiliser le phosphore, à fixer l'azote et à produire des métabolites antifongiques ou des biofilms protecteurs (Blake et al., 2020; Shinde et al., 2025). Sa capacité à former des endospores lui permet de survivre dans des conditions environnementales extrêmes (Bibi et al., 2023; Singh & Pujari, 2022) → Vocabulaire, dont l'activité enzymatique est extrêmement sensible aux conditions environnementales (Gopikrishna et al., 2021 ; Li et al., 2021).

  • Optimisation des paramètres : Des études récentes démontrent que l'activité maximale des protéases est atteinte à une température de 33 °C, avec un temps de fermentation de 48 heures, une densité bactérienne de 10⁴ CFU et un pH neutre (Nguyen & Nguyen, 2019). L'ajout d'une faible dose de glucose (1 g pour 50 g de soja) stimule significativement la production de ces enzymes (Nguyen & Nguyen, 2019).
  • Nouveaux substrats (valorisation) : Au-delà du soja, l'utilisation de tourteaux d'oléagineux comme substrats gagne en importance. Le tourteau de chanvre s'est révélé supérieur pour la production de protéases (184,67 U/g), tandis que le tourteau de lin favorise une activité cellulase maximale et une meilleure viabilité probiotique (Dumitru et al., 2025).

Tempeh — Rhizopus oligosporus sur soja

Le Tempeh est un modèle d'amélioration nutritionnelle par la réduction des facteurs antinutritionnels.

  • Performances biochimiques : La fermentationProcessus biologique de transformation biochimique d'un substrat organique (sucres, protéines) en énergie par des microorganismes (bactéries, levures) en l'absence d'oxygène ou sous micro-aérophilie (Penland, 2020; Ubersfeld, 2016). Dans le sol, la fermentation produit divers métabolites (acides organiques, alcools) et peut coupler l'oxydation des substrats à la réduction de métaux comme le fer (Fe³⁺), servant ainsi de puits de protons en conditions anaérobies (Devisme, 2009) → Vocabulaire par Rhizopus oligosporus permet une réduction massive des FAN, notamment une baisse de 64 à 67 % des inhibiteurs de trypsine et jusqu'à 65 % des phytates (Górska et al., 2025).
  • Diversification des substrats : La recherche actuelle valide l'efficacité de substrats alternatifs comme le lupin (Lupinus mutabilis), qui présente une teneur exceptionnelle en protéines (32–53 % de matière sèche) (Górska et al., 2025), ou le haricot noir, riche en flavonoïdes et composés phénoliques (Jaijaroensakundee et al., 2025).
  • Succession enzymatique : Lors de la SSF sur soja, l'activité de l'α-amylase et des protéases croît continuellement, tandis que les cellulases atteignent leur pic à 48 heures avant de décroître légèrement, et la β-glucosidase atteint son pic avant 36 heures (Zhang et al., 2022).

Koji — Aspergillus oryzae sur riz/soja

Le Koji est caractérisé par un système sécrétoire unique dont la supériorité enzymatique est intrinsèquement liée au milieu solide (Daba et al., 2021 ; Yamashita, 2021).

  • Induction génétique spécifique : L'analyse transcriptomique révèle que les gènes codant pour les hydrolases extracellulaires d'Aspergillus oryzaeChampignon filamenteux domestiqué (souvent appelé "koji"), utilisé historiquement en fermentation agroalimentaire et aujourd'hui en agriculture comme inducteur de croissance et agent de lutte biologique (García-Conde et al., 2023; Machida et al., 2008). Il produit une grande variété d'enzymes hydrolytiques (protéases, amylases, glutaminases) capables de dégrader divers substrats organiques et des plastiques biodégradables (Daba et al., 2021; Yasui et al., 2020) → Vocabulaire sont fortement induits en milieu solide, mais restent fortement réduits en culture liquide (Machida et al., 2008).
  • Mécanisme de l'invasion ("Haze-komi") : La qualité du Koji dépend de la profondeur de l'invasion mycélienne dans le grain. Les hyphes pénètrent plus profondément dans le riz poli à 50 % que dans le riz poli à 90 % (Yasui et al., 2020).

Jiuqu — consortium fongique sur blé/riz

Le Jiuqu (ou Daqu) fonctionne comme un écosystème complexe où les interactions entre micro-organismes dictent la qualité finale (Kang et al., 2022 ; Mao et al., 2021).

  • Contribution enzymatique : Ce consortium fournit environ 80 % des hydrolases de glucides nécessaires à la fermentationProcessus biologique de transformation biochimique d'un substrat organique (sucres, protéines) en énergie par des microorganismes (bactéries, levures) en l'absence d'oxygène ou sous micro-aérophilie (Penland, 2020; Ubersfeld, 2016). Dans le sol, la fermentation produit divers métabolites (acides organiques, alcools) et peut coupler l'oxydation des substrats à la réduction de métaux comme le fer (Fe³⁺), servant ainsi de puits de protons en conditions anaérobies (Devisme, 2009) → Vocabulaire, principalement par l'action d'Aspergillus, Rhizomucor et Rhizopus (Tu et al., 2022). Les champignons représentent 60 à 80 % de la communauté microbienne totale (Tu et al., 2022).
  • Bio-augmentation et stabilisation : L'inoculation de souches fonctionnelles sélectionnées (par ex. : Lactobacillus, Pichia) permet de "fortifier" le Jiuqu en retardant la succession bactérienne et en accélérant la succession fongique, ce qui stabilise la production de composés aromatiques (esters et pyrazines) et améliore le rendement (Mu et al., 2023 ; Tu et al., 2022).

Applications agronomiques — extraction enzymatique, biostimulation, suppressivité

L'application de la fermentation en milieu solideLa fermentation en milieu solide est définie comme la croissance de microorganismes sur un substrat solide humide en l'absence ou quasi-absence d'eau libre (Bhargav et al., 2008; Webb, 2017). Ce bioprocédé simule des processus naturels comme le compostage et est particulièrement adapté aux champignons filamenteux (Sadh et al., 2018; Sutter, 2017). Il permet la production de molécules à haute valeur ajoutée (antibiotiques, enzymes, acides organiques) à partir de résidus agro-industriels avec des coûts opérationnels réduits par rapport à la fermentation en milieu liquide (Bhargav et al., 2008; Martins et al., 2011). → Vocabulaire à l'agriculture dépasse aujourd'hui le simple amendement organique. Les recherches récentes positionnent les produits issus de la fermentation en milieu solide comme des bio-intrants technologiques (Porras et al., 2023 ; Rocha et al., 2024).

Extraction enzymatique pour spray foliaire

L'extraction aqueuse des enzymes produites durant la SSF (cellulases, β-glucosidases et phosphatases) permet de formuler des sprays foliaires bioactifs (Rouphael & Colla, 2021).

  • Protocole d'extraction : Les études récentes suggèrent une extraction à froid (4°C) pour préserver l'intégrité des protéines enzymatiques avant filtration (Rouphael & Colla, 2021).
  • Action directe : Appliquées sur le feuillage, ces enzymes participent à la lyse des parois de pathogènes opportunistes.

Biostimulation (oligopeptides, AA, hormones)

La dégradation des protéines de sojaLe soja (Glycine max) est une légumineuse annuelle majeure cultivée pour sa haute teneur en protéines (Rakotovololona, 2013). Il se distingue par sa capacité à former une symbiose avec des bactéries diazotrophes du genre Bradyrhizobium, aboutissant à la formation de nodosités racinaires sphériques où l'azote atmosphérique est fixé sous forme d'ammonium au profit de la plante (Birnbaum et al., 2018; Hinimbio, 2019) → Vocabulaire ou de céréales génère des hydrolysats protéiques riches en peptides de faible poids moléculaire et en acides aminés libres (Sun et al., 2024).

  • Performance rendement : L'application foliaire d'hydrolysats de soja a montré des augmentations de rendement allant de 28,1 % (aubergine) à 41,6 % (concombre) (Sîrbu et al., 2025).
  • Photosynthèse : Ces biostimulants stimulent l'assimilation photosynthétique (Sîrbu et al., 2025) en optimisant la conductance stomatique et la gestion de la chlorophylle (Shrivastava et al., 2024).
  • Résilience : Les petits peptides agissent comme des molécules de signalisation, déclenchant la synthèse d'antioxydants végétaux pour contrer le stress thermique ou salin.

Suppressivité par Bacillus subtilis

Bacillus subtilisBactérie Gram-positive, sporulante et aérobie, largement présente dans le sol et la rhizosphère. Elle est reconnue comme une rhizobactérie promotrice de la croissance des plantes grâce à sa capacité à solubiliser le phosphore, à fixer l'azote et à produire des métabolites antifongiques ou des biofilms protecteurs (Blake et al., 2020; Shinde et al., 2025). Sa capacité à former des endospores lui permet de survivre dans des conditions environnementales extrêmes (Bibi et al., 2023; Singh & Pujari, 2022) → Vocabulaire var. natto est reconnu comme un agent de promotion de la croissance végétale (Cheah et al., 2024).

  • Mécanismes de défense : Il produit des lipopeptides (surfactine, iturine, fengycine), qui sont le fondement de son efficacité en biocontrôle contre des pathogènes comme Rhizoctonia solani et Fusarium spp (Zubair et al., 2025).
  • Colonisation et ISR : B. subtilis crée des biofilms pour garantir la colonisation de la rhizosphère et induit une résistance systémique (ISR), ce qui prépare les plantes aux stress biotiques et abiotiques (Zubair et al., 2025).
  • Promotion de croissance : De plus, il produit des phytohormones (auxines et gibbérellines) et libère des composés organiques volatils (COV) qui favorisent la croissance racinaire et l'absorption des nutriments (Zubair et al., 2025).

Solubilisation du P par phytases

Le phosphore organique du sol, souvent bloqué sous forme de phytate, est rendu biodisponible par les phytases microbiennes (Gocheva et al., 2024). La production de phytase est testée chez Aspergillus nigerChampignon saprophyte filamenteux ubiquiste, reconnu comme un "bourreau de travail" industriel pour sa capacité exceptionnelle à sécréter des acides organiques (citrique, oxalique, gluconique) (Arboleda-Riascos et al., 2024; Islam, 2019). Dans le sol, ces exsudats acides facilitent la solubilisation du phosphore inorganique et l'altération des minéraux silicatés, tout en contribuant à la bioremédiation des métaux lourds par chélation (Wu & Hu, 2019; Zhang et al., 2019) → Vocabulaire (Valizadeh et al., 2021).

  • Efficacité comparée : Les phytases microbiennes sont plus efficaces que celles extraites des plantes (Rizwanuddin et al., 2023).
  • Résultats sur cultures : L'inoculation avec des phytases isolées d'Aspergillus niger a augmenté la concentration de P dans les pousses et les racines, ainsi que le poids sec des pousses du maïs (Valizadeh et al., 2021).

Substrat pour fermentation aval

La SSF agit comme une étape de pré-traitement ou de "bio-raffinerie" (Rocha et al., 2024). Le substrat fermenté (ex: tourteau de sojaLe soja (Glycine max) est une légumineuse annuelle majeure cultivée pour sa haute teneur en protéines (Rakotovololona, 2013). Il se distingue par sa capacité à former une symbiose avec des bactéries diazotrophes du genre Bradyrhizobium, aboutissant à la formation de nodosités racinaires sphériques où l'azote atmosphérique est fixé sous forme d'ammonium au profit de la plante (Birnbaum et al., 2018; Hinimbio, 2019) → Vocabulaire fermenté par Rhizopus) peut servir de base pour :

  • Inoculants secondaires : Favorisent la compatibilité avec d'autres micro-organismes bénéfiques tels que les mycorhizes (Ghorui et al., 2025).
  • Économie circulaire : Valorisation des déchets agro-industriels en bio-intrants à haute valeur ajoutée, réduisant la dépendance aux engrais chimiques de synthèse (Mattedi et al., 2023 ; Porras et al., 2023).

Distinction avec d'autres fermentations

La fermentation en milieu solideLa fermentation en milieu solide est définie comme la croissance de microorganismes sur un substrat solide humide en l'absence ou quasi-absence d'eau libre (Bhargav et al., 2008; Webb, 2017). Ce bioprocédé simule des processus naturels comme le compostage et est particulièrement adapté aux champignons filamenteux (Sadh et al., 2018; Sutter, 2017). Il permet la production de molécules à haute valeur ajoutée (antibiotiques, enzymes, acides organiques) à partir de résidus agro-industriels avec des coûts opérationnels réduits par rapport à la fermentation en milieu liquide (Bhargav et al., 2008; Martins et al., 2011). → Vocabulaire, telle qu'utilisée pour le Koji ou le Natto, se distingue des autres procédés biologiques par sa dynamique enzymatique et son efficacité de conversion des substrats carbonés. Alors que les méthodes liquides ou anaérobies privilégient souvent la production de métabolites primaires (acides organiques), la SSF permet une production enzymatique plus élevée et plus stable (Mokrani & Nabti, 2024).

Par rapport aux fermentations anaérobies liquides

Les fermentations anaérobies liquides, telles que la production de « Biols » ou la fermentationProcessus biologique de transformation biochimique d'un substrat organique (sucres, protéines) en énergie par des microorganismes (bactéries, levures) en l'absence d'oxygène ou sous micro-aérophilie (Penland, 2020; Ubersfeld, 2016). Dans le sol, la fermentation produit divers métabolites (acides organiques, alcools) et peut coupler l'oxydation des substrats à la réduction de métaux comme le fer (Fe³⁺), servant ainsi de puits de protons en conditions anaérobies (Devisme, 2009) → Vocabulaire de déchets liquides (ex : lactosérum, eaux de tofu) par des micro-organismes efficaces, reposent sur une immersion totale dans l'eau (López-Rubio et al., 2025).

  • Besoins en ressources : La SSF consomme moins d'eau que la fermentation immergée (Mokrani & Nabti, 2024). Elle ne nécessite pas de systèmes d'agitation énergivores, ne génère pas de mousse et permet une récupération relativement facile des produits finaux (Mokrani & Nabti, 2024).
  • Concentration enzymatique : En milieu liquide, les enzymes sont diluées, ce qui complique leur récupération (downstream processing). En SSF, les enzymes sont produites avec une activité et une stabilité accrues.
  • Profil nutritionnel : Alors que les fermentations liquides anaérobies permettent la solubilisation de minéraux (López-Rubio et al., 2025), la SSF permet une libération prolongée et contrôlée des nutriments grâce à la dégradation lente du substrat solide, agissant comme un vecteur de libération lente pour les sols (Kalaiselvan et al., 2025).

Comparaison avec la Capture des Micro-organismes Indigènes

La capture d'IMO est une pratique agricole traditionnelle consistant à récolter des consortiums locaux (souvent sur du riz cuit exposé en forêt) pour les multiplier (Avila et al., 2021 ; Xa & Nghĩa, 2020).

  • Spécificité face à Adaptabilité : La SSF de type Koji ou Jiuqu utilise des souches caractérisées et sélectionnées (par exemple : Aspergillus oryzaeChampignon filamenteux domestiqué (souvent appelé "koji"), utilisé historiquement en fermentation agroalimentaire et aujourd'hui en agriculture comme inducteur de croissance et agent de lutte biologique (García-Conde et al., 2023; Machida et al., 2008). Il produit une grande variété d'enzymes hydrolytiques (protéases, amylases, glutaminases) capables de dégrader divers substrats organiques et des plastiques biodégradables (Daba et al., 2021; Yasui et al., 2020) → Vocabulaire ou Bacillus subtilis), garantissant une répétabilité et une sécurité sanitaire élevées (Machida et al., 2008). À l'inverse, l'IMO mise sur l'adaptabilité locale et la diversité d'un consortium environnemental non identifié, ce qui peut entraîner une variabilité importante entre les lots.
  • Bio-augmentation : Les recherches récentes montrent que les systèmes SSF peuvent être « fortifiés » ou bio-augmentés avec des souches fonctionnelles spécifiques (par exemple : Lactobacillus ou Pichia) pour orienter le profil métabolique vers une production accrue d'arômes ou de molécules de défense, un niveau de précision difficile à atteindre avec la capture sauvage d'IMO (Mu et al., 2023 ; Tu et al., 2022).

Comparaison avec l'aérobiose thermophile (compostage)

Bien que la SSF et le compostageProcessus biologique contrôlé de dégradation et de réorganisation de la matière organique aérobie par une succession de communautés microbiennes (bactéries et champignons) (Vlăsceanu et al., 2023). Ce procédé, caractérisé par une phase de montée en température (hygiénisation), conduit à l'obtention d'une matière organique stabilisée et humifiée appelée compost, utilisable comme amendement ou engrais organique (Vlăsceanu et al., 2023) → Vocabulaire partagent une base aérobie sur substrat solide, leurs objectifs fondamentaux diffèrent radicalement.

  • Finalité du procédé : Le compostage vise la stabilisation et la minéralisation de la matière organique (perte de masse par émission de CO₂) pour obtenir un amendement humifié (Basso et al., 2020). La SSF vise la production de biomolécules à haute valeur ajoutée (enzymes, biopesticides, biostimulants) (Sánchez, 2024 ; Mattedi et al., 2023).
  • Gestion de la température : Le compostage passe par une phase thermophile obligatoire (> 55 °C) pour l'hygiénisation (Bayard & Massardier-Nageotte, 2022). La SSF est généralement conduite en phase mésophile ou thermophile modérée (entre 30 °C et 45 °C) pour optimiser l'activité de synthèse des micro-organismes clés sans dénaturer les enzymes produites (Nguyen & Nguyen, 2019 ; Tahir et al., 2025).
  • Complémentarité : De nouveaux modèles de « bioraffinerie circulaire » proposent d'intégrer ces deux processus : la SSF produit d'abord des enzymes ou des biopesticides, et le résidu solide est ensuite composté pour stabiliser la matière organique restante (Artola et al., 2024).

Tableau récapitulatif des distinctions technologiques

Paramètre SSF FermentationProcessus biologique de transformation biochimique d'un substrat organique (sucres, protéines) en énergie par des microorganismes (bactéries, levures) en l'absence d'oxygène ou sous micro-aérophilie (Penland, 2020; Ubersfeld, 2016). Dans le sol, la fermentation produit divers métabolites (acides organiques, alcools) et peut coupler l'oxydation des substrats à la réduction de métaux comme le fer (Fe³⁺), servant ainsi de puits de protons en conditions anaérobies (Devisme, 2009) → Vocabulaire Liquide (Biol/SmF) Compostage
Humidité Faible (30-80 %) (Mai, 2021) Élevée (> 90 %) (Kalaiselvan et al., 2025) Modérée (50-60 %) (Khalida et al., 2022)
Objectif Production d'enzymes/biopeptides Solubilisation de minéraux et d'acides Stabilisation humique
Oxygénation Aérobie / Semi-aérobie Souvent Anaérobie Strictement Aérobie
Température 30 - 45 °C(Acheampong et al., 2024) Ambiante > 55 °C(Acheampong et al., 2024)
Stabilité du produit Haute (enzymes concentrées) Faible (sensible à l'oxydation) Très haute (stable)
Ces données confirment que la SSF n'est pas un substitut au compostage ou à la fermentation liquide, mais un outil de biotransformation complémentaire permettant d'extraire tout le potentiel enzymatique des résidus agricoles (Sánchez, 2024 ; Sánchez et al., 2024).