Démontre que la fonction thyroïdienne humaine est un marqueur direct de la densité en Se et I du sol — la faim cachée micronutritionnelle se lit jusque dans l'endocrinologie (goitre, hypothyroïdie). Prolonge le continuum sol-aliment-santé sur un cas clinique majeur.
Les maillons de la chaîne
6 étapes, du levier agronomique à l'effet santé.
S4iodeDans le sol, l'iode (iodures, iodates) a une disponibilité gouvernée par le pH, le redox et la matière organique. Le maillon sol→plante est ténu : sans rôle essentiel reconnu chez la plante, l'iode est peu prélevé.
V2mimétisme moléculaireLe sélénium, lui, est prélevé par mimétisme moléculaire du sulfate (les sélénates empruntent les transporteurs du soufre). Comme l'iode, son absorption est subie, non régulée par un besoin végétal.
H1faim cachéeFaute de besoin végétal, la densité en Se et I de l'aliment suit passivement celle du sol : des cultures vigoureuses peuvent être nutritionnellement insuffisantes — la faim cachée se transmet à l'humain.
H1thyroglobulineÀ l'ingestion, l'iode devient le substrat irremplaçable de la thyroïde : il est organifié sur les résidus tyrosine de la thyroglobuline pour former les précurseurs hormonaux T3/T4.
H1désiodaseLe sélénium prend le relais : les désiodases (sélénoprotéines) convertissent la T4 réservoir en T3 active dans les tissus. Sans sélénium, l'hormone reste inactive malgré un apport d'iode suffisant.
H1goitreLa rupture du maillon — carence en iode (substrat) ou en sélénium (activation) — aboutit au goitre et à l'hypothyroïdie : la fonction thyroïdienne est un marqueur direct de la densité micronutritionnelle du sol.