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Le Sol Vivant

Fiche #39 Réfs. académiques (32) Doc(s) : H2

L'assiette et le sol — Densité nutritionnelle, UPF et cohortes biologiques

Le lien entre la santé du sol et la santé humaine constitue un paradigme émergent de la nutrition contemporaine, où la qualité de l'assiette est indissociable de l'intégrité biologique de la parcelle. Depuis soixante ans, une baisse alarmante de la densité nutritionnelleConcentration en micronutriments (minéraux, vitamines) et métabolites secondaires (polyphénols, antioxydants) des aliments. Les sols régénératifs produisent des cultures à densité nutritionnelle supérieure aux sols conventionnels : +30-50% en polyphénols, +20% en minéraux biodisponibles, synthèse de vitamines B par le microbiome (Rosier et al., 2025 — meilleur indicateur proxy de la santé du sol ; Montgomery et al., 2022). L'effet de dilution (excès d'azote + croissance rapide) est la cause principale de la baisse de densité nutritionnelle observée depuis 1950. → Vocabulaire — minéraux essentiels et composés nutraceutiques — est observée dans les cultures mondiales, principalement attribuée au passage d'une agriculture naturelle à une agriculture chimique intensive et à la sélection de variétés à haut rendement (Bhardwaj et al., 2024).

Cette transition vers des systèmes industriels a réduit la diversité des communautés microbiennes du sol, rendant les plantes moins résilientes et plus dépendantes des intrants de synthèse (Perler, 2024). À l'inverse, l'agriculture biologique régénérative restaure ces fonctions écosystémiques : des méta-analyses récentes montrent qu'elle augmente le carbone organique du sol d'environ 22 % et l'azote total d'environ 28 % (Feliziani et al., 2025), tout en améliorant la densité nutritionnelle des aliments. Les cultures issues de systèmes régénératifs présentent des concentrations plus élevées en vitamine C, en zinc et en polyphénols par rapport aux systèmes conventionnels (Feliziani et al., 2025).

Parallèlement, le paysage nutritionnel est marqué par la prédominance des aliments ultra-transformés. Les données récentes de cohortes comme NutriNet-Santé confirment que la consommation d'UPF (ultra-transformés) est positivement associée à l'obésité et aux troubles métaboliques. En revanche, une consommation élevée d'aliments biologiques pourrait être inversement corrélée à l'obésité — association toutefois fortement confondue par le statut socio-économique des consommateurs — et permet une réduction significative de l'exposition systémique aux pesticides (Feliziani et al., 2025).

L'objectif de ce document est d'articuler ces évidences pour démontrer que la régénération des sols n'est pas seulement un impératif environnemental, mais une stratégie de santé publique majeure. Il s'agit de montrer comment la complexité biologique du sol influence l'accumulation de composés phytochimiques protecteurs et comment, de la parcelle à la fourchette, le choix des modes de production peut moduler le risque de pathologies chroniques (Rosier et al., 2025).

Résumé

Ce document examine l'interconnexion critique entre la santé des sols, les modes de production agricole et la densité nutritionnelleConcentration en micronutriments (minéraux, vitamines) et métabolites secondaires (polyphénols, antioxydants) des aliments. Les sols régénératifs produisent des cultures à densité nutritionnelle supérieure aux sols conventionnels : +30-50% en polyphénols, +20% en minéraux biodisponibles, synthèse de vitamines B par le microbiome (Rosier et al., 2025 — meilleur indicateur proxy de la santé du sol ; Montgomery et al., 2022). L'effet de dilution (excès d'azote + croissance rapide) est la cause principale de la baisse de densité nutritionnelle observée depuis 1950. → Vocabulaire de l'assiette humaine. Face au déclin documenté de la qualité nutritionnelle des aliments depuis soixante ans (Bhardwaj et al., 2024), la transition vers l'agriculture biologique régénérative constitue un levier de santé publique majeur (Rosier et al., 2025).

Le premier enseignement concerne la restauration de la densité minérale : l'agriculture biologique régénérative, en augmentant le carbone organique et la biodiversité microbienne du sol, améliore significativement la teneur en micronutriments (Feliziani et al., 2025), et des interventions agronomiques ciblées peuvent augmenter la teneur en zinc dans le chou (Avnee et al., 2023). Le deuxième enseignement porte sur la protection métabolique : les méta-analyses confirment qu'une alimentation biologique est associée à une réduction de 11 % du risque d'obésité (Bhagavathula et al., 2022) ainsi qu'à une baisse significative du risque de diabète de type 2 (Rebouillat et al., 2022), tandis qu'à l'inverse la consommation d'aliments ultra-transformés est directement liée à l'augmentation de l'IMC et du tour de taille (Ashraf et al., 2022 ; Golzarand et al., 2025).

Le troisième enseignement est la détoxication rapide : l'alimentation biologique permet une réduction rapide de l'imprégnation par les xénobiotiques, et une transition de seulement 6 jours vers un régime biologique suffit à réduire les niveaux urinaires de glyphosate de 71 % chez l'enfant (Guzmán-Torres et al., 2023). Le quatrième enseignement tient aux effets en cascade propres à l'approche Une seule santé : la santé humaine est le prolongement de la santé des sols, et la richesse microbienne de la parcelle favorise la synthèse de métabolites secondaires — antioxydants, polyphénols — qui renforcent la résilience immunitaire du consommateur (Feliziani et al., 2025). Enfin, sur le plan stratégique, la lutte contre la double charge — carences en micronutriments et excès caloriques des UPF — nécessite d'intégrer l'agriculture régénérative dans les politiques de santé publique via des concepts comme Food is Medicine et le soutien à la restauration collective biologique (Rahman et al., 2024).

En conclusion, la régénération de la biologie des sols constitue une stratégie préventive fondamentale pour restaurer la densité nutritionnelle des aliments et réduire l'incidence des pathologies chroniques liées à l'environnement et à l'alimentation.

Densité nutritionnelle : du sol vivant à l'assiette

Le sol, déterminant primaire de la valeur nutritionnelle

La densité nutritionnelleConcentration en micronutriments (minéraux, vitamines) et métabolites secondaires (polyphénols, antioxydants) des aliments. Les sols régénératifs produisent des cultures à densité nutritionnelle supérieure aux sols conventionnels : +30-50% en polyphénols, +20% en minéraux biodisponibles, synthèse de vitamines B par le microbiome (Rosier et al., 2025 — meilleur indicateur proxy de la santé du sol ; Montgomery et al., 2022). L'effet de dilution (excès d'azote + croissance rapide) est la cause principale de la baisse de densité nutritionnelle observée depuis 1950. → Vocabulaire d'un aliment ne dépend pas uniquement de sa génétique, mais de l'intégrité biologique du sol dans lequel il a crû. Les recherches récentes confirment que la composition en nutriments et en microbes du sol est le déterminant primaire de la valeur nutritionnelle des plantes consommées par les humains (2024). Le détail mécanistique — rôle de la matière organique et du microbiome, preuves comparatives entre systèmes régénératifs et conventionnels, biofortification agronomique naturelle — est développé dans la fiche dédiée à la densité nutritionnelle, du sol à l'assiette ; on n'en retient ici que l'impact sur l'assiette du mangeur.

La cascade biologique de la parcelle à la fourchette

Le concept de santé unique trouve son illustration la plus concrète dans la cascade biologique qui relie la santé du sol à celle du consommateur. Les preuves récentes suggèrent que la qualité de l'assiette n'est que le résultat final d'une chaîne de transferts de nutriments et de signaux biologiques initiés sous la surface de la terre (Feliziani et al., 2025). Le mécanisme de cette cascade — continuum sol-plante-humain, microbiome comme courroie de transmission, composés phytochimiques — est traité dans la fiche mécaniste de la densité nutritionnelleConcentration en micronutriments (minéraux, vitamines) et métabolites secondaires (polyphénols, antioxydants) des aliments. Les sols régénératifs produisent des cultures à densité nutritionnelle supérieure aux sols conventionnels : +30-50% en polyphénols, +20% en minéraux biodisponibles, synthèse de vitamines B par le microbiome (Rosier et al., 2025 — meilleur indicateur proxy de la santé du sol ; Montgomery et al., 2022). L'effet de dilution (excès d'azote + croissance rapide) est la cause principale de la baisse de densité nutritionnelle observée depuis 1950. → Vocabulaire ; la présente fiche se concentre sur ses implications pour le mangeur, c'est-à-dire sur ce qui arrive effectivement dans l'assiette et dans l'organisme.

L'ultra-transformation : une double dégradation de la qualité nutritionnelle

Le décalage entre apport calorique et besoins micronutritionnels

Si la dégradation de la santé des sols réduit la densité nutritionnelleConcentration en micronutriments (minéraux, vitamines) et métabolites secondaires (polyphénols, antioxydants) des aliments. Les sols régénératifs produisent des cultures à densité nutritionnelle supérieure aux sols conventionnels : +30-50% en polyphénols, +20% en minéraux biodisponibles, synthèse de vitamines B par le microbiome (Rosier et al., 2025 — meilleur indicateur proxy de la santé du sol ; Montgomery et al., 2022). L'effet de dilution (excès d'azote + croissance rapide) est la cause principale de la baisse de densité nutritionnelle observée depuis 1950. → Vocabulaire à la source, l'ultra-transformation industrielle aggrave ce phénomène en modifiant radicalement la structure des aliments. Les produits ultra-transformés, classés NOVA 4, se définissent par des formulations industrielles riches en additifs et pauvres en nutriments essentiels, créant un décalage majeur entre l'apport calorique et la satisfaction des besoins micronutritionnels (Phulkerd et al., 2023). Le passage d'un système alimentaire basé sur des produits bruts, issus de sols sains, à un système dominé par les UPF entraîne ainsi une perte de nutriments critiques qui s'ajoute à l'appauvrissement initial des cultures.

Carence en composés bioactifs et charge en additifs

Les UPF sont quasi-dépourvus de métabolites secondaires protecteurs (McClements, 2024), contrairement aux produits issus de l'agriculture régénérative, qui sont souvent associés à une meilleure qualité nutritionnelle des cultures (Rosier et al., 2024). À cette carence s'ajoutent des xénobiotiques : outre les résidus de pesticides courants dans les ingrédients conventionnels, les UPF introduisent des composés néoformés et des additifs dont les effets cocktails sur le microbiome intestinal sont documentés comme perturbateurs de l'homéostasie métabolique (Barra et al., 2025 ; Bevilacqua et al., 2024).

Santé métabolique : obésité, diabète et double charge nutritionnelle

UPF, adiposité et signaux de satiété perturbés

Une consommationUtilisation de biens et de services pour satisfaire les besoins humains, dont les modes actuels exercent une pression sur les équilibres planétaires et les ressources environnementales (Étienne, 2010). En agroécologie, la transition vers des systèmes durables implique d'éliminer les modes de consommation non durables au profit de circuits valorisant les ressources et les cycles biophysiques locaux (Konté, 2021; Leroy et al., 2013) → Vocabulaire élevée de produits ultra-transformés est positivement et significativement associée à une augmentation de l'indice de masse corporelle et du tour de taille (Golzarand et al., 2025). Plus précisément, les individus consommant la plus forte proportion d'UPF présentent un risque accru de surpoids et d'obésité par rapport aux consommateurs occasionnels (Golzarand et al., 2025). Cette association s'explique non seulement par la haute densité énergétique de ces produits, mais aussi par leur hyper-palatabilité, qui perturbe les signaux de satiété (Ranjbar et al., 2025).

L'effet protecteur documenté des aliments biologiques

L'observation des populations consommant majoritairement des produits biologiques, via des cohortes de grande envergure et des méta-analyses récentes, permet de quantifier les bénéfices cliniques concrets d'un changement de paradigme alimentaire, au-delà de la simple théorie nutritionnelle. Les données épidémiologiques les plus récentes confirment un lien inverse robuste entre la consommationUtilisation de biens et de services pour satisfaire les besoins humains, dont les modes actuels exercent une pression sur les équilibres planétaires et les ressources environnementales (Étienne, 2010). En agroécologie, la transition vers des systèmes durables implique d'éliminer les modes de consommation non durables au profit de circuits valorisant les ressources et les cycles biophysiques locaux (Konté, 2021; Leroy et al., 2013) → Vocabulaire d'aliments biologiques et les troubles métaboliques. Une méta-analyse majeure, incluant plus de 104 000 sujets, démontre que la consommation d'aliments biologiques est associée à une réduction globale de 11 % du risque d'obésité (Bhagavathula et al., 2022). Dans les études de cohorte longitudinales, cette protection est encore plus marquée, avec une réduction du risque atteignant 22 % (Bhagavathula et al., 2022). Parallèlement, la cohorte française NutriNet-Santé a mis en évidence une association inverse significative entre une part élevée de biologiques dans le régime et le risque de diabète de type 2 (Rebouillat et al., 2022). Ces bénéfices sont corrélés à une réduction de l'indice de masse corporelle et à une amélioration de la composition sanguine en nutriments essentiels (Rahman et al., 2024).

Vers une double charge nutritionnelle

Nous assistons à une double charge : une carence en micronutriments — fer, zinc, vitamines — issue de sols appauvris, combinée à un excès de calories vides provenant des UPF (Annan et al., 2024 ; Rosier et al., 2025). Les données suggèrent qu'une approche holistique des systèmes alimentaires, incluant l'agriculture biologiqueSystème de production agricole fondé sur le respect des cycles naturels et l'interdiction des produits chimiques de synthèse (pesticides, engrais industriels) (Charlier & Rufini, 2013; Charriau, 2010). Elle vise à maintenir la santé des sols et des écosystèmes en privilégiant les rotations culturales, les engrais verts et la lutte biologique (Belluz, 2018; Poméon et al., 2014) → Vocabulaire et régénérative ainsi que la réduction des aliments ultra-transformés, est nécessaire pour une santé publique efficace (Northcott et al., 2023).

Charge toxique : résidus, exposition et détoxication

Une disparité massive d'exposition selon le mode de production

L'exposition chronique aux xénobiotiques — principalement les résidus de pesticides, mais aussi les additifs et les métaux lourds — constitue le revers invisible de l'agriculture conventionnelle. Alors que la dégradation de la santé des sols limite la synthèse de nutriments protecteurs, elle favorise parallèlement l'entrée de composés toxiques dans la chaîne trophique. Les analyses comparatives confirment une disparité massive dans la charge toxique selon le mode de production : les aliments issus de l'agriculture conventionnelle présentent une teneur en résidus de pesticides nettement plus élevée que leurs homologues biologiques (Rahman et al., 2024). Cette exposition est particulièrement préoccupante chez les populations vulnérables : une revue de 2023 souligne que les enfants consommant une alimentationProcessus d'acquisition de ressources énergétiques et minérales structurant les réseaux trophiques du sol (Araújo et al., 2018). Les protistes prédateurs, en consommant des bactéries et des champignons, libèrent des nutriments qui favorisent la croissance végétale au sein de la boucle microbienne (Araújo et al., 2018; Geisen et al., 2018) → Vocabulaire conventionnelle présentent des niveaux urinaires de pesticides alarmants (Guzmán-Torres et al., 2023).

La rapidité de la détoxication systémique

L'effet le plus immédiat et le mieux documenté du changement de régime reste la baisse de la charge en xénobiotiques. Le passage d'une alimentation conventionnelle à une alimentation biologique entraîne une réduction radicale des métabolites de pesticides urinaires, et l'un des arguments les plus puissants en faveur d'un changement de modèle est la rapidité avec laquelle l'organisme se détoxique. Une transition de seulement 6 jours vers un régime biologique permet de réduire de 71 % les niveaux de glyphosate et de 76 % son métabolite principal chez les enfants (Guzmán-Torres et al., 2023). Chez l'adulte, l'adoption d'un régime biologique diminue significativement les concentrations de dialkylphosphates, marqueurs des insecticides organophosphorés, avec une baisse du score molaire total de pesticides dès la première semaine (González et al., 2023). Cette baisse immédiate et significative des métabolites d'organophosphorés dans les urines confirme que l'alimentation est la source primaire de cette imprégnation (González et al., 2023). La réduction de l'exposition aux mélanges de pesticides — l'effet cocktailPhénomène toxicologique résultant de l'exposition simultanée à un mélange de substances chimiques (ex: pesticides), dont l'effet global peut différer de la somme des effets individuels (Cedergreen, 2014; Rizzati et al., 2016). Les interactions peuvent être additives, synergiques (toxicité accrue) ou antagonistes (Lydy et al., 2004; Rehman et al., 2024). La complexité de ces interactions au niveau métabolique et moléculaire rend difficile la prédiction des risques pour la santé et l'environnement (Gamet-Payrastre, 2019; Rizzati et al., 2016) → Vocabulaire — est considérée comme l'un des leviers majeurs expliquant la diminution des risques de pathologies métaboliques observée dans les cohortes (Rebouillat et al., 2021).

Effet cocktail et maladies chroniques

Mélanges de pesticides et maladies non transmissibles

Au-delà de l'exposition à une molécule isolée, la recherche actuelle se concentre sur l'effet cocktailPhénomène toxicologique résultant de l'exposition simultanée à un mélange de substances chimiques (ex: pesticides), dont l'effet global peut différer de la somme des effets individuels (Cedergreen, 2014; Rizzati et al., 2016). Les interactions peuvent être additives, synergiques (toxicité accrue) ou antagonistes (Lydy et al., 2004; Rehman et al., 2024). La complexité de ces interactions au niveau métabolique et moléculaire rend difficile la prédiction des risques pour la santé et l'environnement (Gamet-Payrastre, 2019; Rizzati et al., 2016) → Vocabulaire : les profils d'exposition aux mélanges de pesticides sont désormais directement corrélés à l'incidence de pathologies chroniques. Les données de la cohorte NutriNet-Santé révèlent une association prospective positive entre les profils d'exposition aux pesticides alimentaires et le risque de développer un diabète de type 2 (Rebouillat et al., 2022). Une revue systématique de 2023 confirme que l'exposition alimentaire aux pesticides est liée à un risque accru de maladies non transmissibles et à une augmentation de la mortalité globale (Baudry et al., 2023). Ces xénobiotiques agissent comme des perturbateurs du métabolisme, interférant avec l'homéostasie hormonale et favorisant le stress oxydatif cellulaire (Rebouillat, 2021).

Prévention des cancers : preuves et limites

Le rôle protecteur de l'alimentationProcessus d'acquisition de ressources énergétiques et minérales structurant les réseaux trophiques du sol (Araújo et al., 2018). Les protistes prédateurs, en consommant des bactéries et des champignons, libèrent des nutriments qui favorisent la croissance végétale au sein de la boucle microbienne (Araújo et al., 2018; Geisen et al., 2018) → Vocabulaire biologique contre certaines pathologies lourdes fait l'objet de synthèses récentes (2024-2025) apportant des nuances importantes. Plusieurs revues systématiques documentent une réduction du risque de lymphome non hodgkinien et de cancer colorectal chez les gros consommateurs de produits biologiques (Rahman et al., 2024). En revanche, certaines méta-analyses ne trouvent pas de différence significative pour les cancers du sein (Theodoridis et al., 2025), ce qui invite à la prudence. Il reste que la réduction de l'exposition systémique aux pesticides constitue un facteur protecteur probable contre le stress oxydatif cellulaire (Sule et al., 2022), mécanisme transversal à de nombreuses carcinogénèses.

Leviers politiques : vers une nutrition institutionnelle

D'un modèle de volume à un modèle de valeur

La transformation du système alimentaire, de la santé des sols à la densité nutritionnelleConcentration en micronutriments (minéraux, vitamines) et métabolites secondaires (polyphénols, antioxydants) des aliments. Les sols régénératifs produisent des cultures à densité nutritionnelle supérieure aux sols conventionnels : +30-50% en polyphénols, +20% en minéraux biodisponibles, synthèse de vitamines B par le microbiome (Rosier et al., 2025 — meilleur indicateur proxy de la santé du sol ; Montgomery et al., 2022). L'effet de dilution (excès d'azote + croissance rapide) est la cause principale de la baisse de densité nutritionnelle observée depuis 1950. → Vocabulaire des assiettes, repose sur une synergie entre réformes structurelles et engagement individuel. Les preuves récentes suggèrent que nous devons passer d'un modèle basé sur le volume à un modèle basé sur la valeur nutritionnelle et la santé écosystémique (Alders et al., 2024). Les politiques publiques constituent le moteur principal de ce changement d'échelle, et les recherches de 2024-2025 mettent en avant plusieurs axes majeurs.

Achats publics et restauration collective

L'intégration de produits biologiques et régénératifs dans les cantines scolaires et les hôpitaux est un levier puissant. Cette approche permet non seulement de soutenir la conversion des terres agricoles, mais aussi de promouvoir des habitudes alimentaires saines — plus de végétaux, moins de viande industrielle — tout en respectant les budgets institutionnels (Fernández et al., 2022 ; Retière, 2022). La restauration collective agit ainsi comme un point d'appui où se rejoignent la demande alimentaire structurée, la santéÉtat d'équilibre fonctionnel d'un organisme ou d'un écosystème. Dans le cadre de l'agriculture durable, elle est appréhendée via le concept global « One Health » (une seule santé), qui intègre l'interdépendance entre la santé des sols, celle des habitats naturels, des animaux et des populations humaines (Brial & Coumoul, 2021; Coulardeau et al., 2022) → Vocabulaire des populations et la viabilité économique des fermes en transition.

Réorientation des subventions et intégration santé-agriculture

Il est désormais crucial de passer d'incitations centrées sur la monoculture à des politiques basées sur la santéÉtat d'équilibre fonctionnel d'un organisme ou d'un écosystème. Dans le cadre de l'agriculture durable, elle est appréhendée via le concept global « One Health » (une seule santé), qui intègre l'interdépendance entre la santé des sols, celle des habitats naturels, des animaux et des populations humaines (Brial & Coumoul, 2021; Coulardeau et al., 2022) → Vocabulaire des sols. Récompenser les agriculteurs pour la séquestration du carbone et la biodiversité microbienne garantit indirectement la production d'aliments plus denses en nutriments (Alders et al., 2024 ; Rosier et al., 2025). Des concepts émergents comme Food is Medicine proposent en outre d'intégrer l'agriculture régénérative dans le parcours de soins, en prescrivant des aliments de haute qualité nutritionnelle pour prévenir ou traiter les maladies métaboliques (Rahman et al., 2024).

Leviers individuels : l'agence du consommateur

Diversification et densité des choix alimentaires

À l'échelle individuelle, le choix alimentaire est redéfini comme un acte d'agence capable de remodeler les paysages. Les consommateurs sont encouragés à privilégier des produits régionaux, de saison et riches en composés phytochimiques. Privilégier une viande issue d'animaux élevés sur des pâturages diversifiés augmente par exemple l'apport en nutriments bioactifs par rapport à la viande industrielle (Vliet et al., 2021). La densité nutritionnelleConcentration en micronutriments (minéraux, vitamines) et métabolites secondaires (polyphénols, antioxydants) des aliments. Les sols régénératifs produisent des cultures à densité nutritionnelle supérieure aux sols conventionnels : +30-50% en polyphénols, +20% en minéraux biodisponibles, synthèse de vitamines B par le microbiome (Rosier et al., 2025 — meilleur indicateur proxy de la santé du sol ; Montgomery et al., 2022). L'effet de dilution (excès d'azote + croissance rapide) est la cause principale de la baisse de densité nutritionnelle observée depuis 1950. → Vocabulaire redevient ainsi un critère de choix au même titre que le prix ou la commodité.

Circuits courts et partenariats urbain-rural

Le développement de partenariats urbain-rural, comme les AMAP ou l'agriculture soutenue par la communauté, permet de sécuriser l'accès à des aliments frais tout en garantissant une viabilité économique aux producteurs engagés dans la régénération des sols (Szafrajzen, 2021). Ces circuits courts réconcilient le consommateur avec l'origine de son alimentationProcessus d'acquisition de ressources énergétiques et minérales structurant les réseaux trophiques du sol (Araújo et al., 2018). Les protistes prédateurs, en consommant des bactéries et des champignons, libèrent des nutriments qui favorisent la croissance végétale au sein de la boucle microbienne (Araújo et al., 2018; Geisen et al., 2018) → Vocabulaire et stabilisent les débouchés des fermes qui investissent dans la santé de leurs sols.

Vers une approche Une seule santé

Éliminer les xénobiotiques à la source

La réduction de la charge toxique n'est pas qu'une question de choix individuel, mais un impératif de santé publique. En protégeant le sol des intrants de synthèse, on préserve non seulement la biodiversité souterraine, mais on élimine à la source les xénobiotiques qui, une fois ingérés, altèrent la santé humaineÉtat de bien-être physique et social directement lié à la santé des écosystèmes et des sols selon le concept « One Health » (Duru & Thérond, 2024; Louzon, 2020). Un sol sain soutient la santé humaine en garantissant la sécurité alimentaire, la qualité nutritionnelle des aliments et en régulant le transfert de pathogènes ou de contaminants (Duru & Thérond, 2024; Froger et al., 2023) → Vocabulaire par des mécanismes pro-inflammatoires et pro-oxydants (Xiao et al., 2023). La prévention commence donc sous nos pieds, bien avant l'assiette.

Le cadre One Health comme horizon de décision

La contribution de l'agriculture à la médecine préventive peut être pleinement valorisée (Rosier et al., 2025). En adoptant le cadre One Health, les décideurs peuvent harmoniser les objectifs de santé des sols, de résilience climatique et de sécurité nutritionnelle humaine, créant ainsi un environnement où le choix le plus sain est aussi le plus accessible et le plus durable (Kundu & Biswas, 2025). Cette approche intégrée donne sa cohérence d'ensemble aux leviers politiques et individuels décrits précédemment : la santé humaineÉtat de bien-être physique et social directement lié à la santé des écosystèmes et des sols selon le concept « One Health » (Duru & Thérond, 2024; Louzon, 2020). Un sol sain soutient la santé humaine en garantissant la sécurité alimentaire, la qualité nutritionnelle des aliments et en régulant le transfert de pathogènes ou de contaminants (Duru & Thérond, 2024; Froger et al., 2023) → Vocabulaire y apparaît comme le prolongement direct de la santé des sols.